Archives de catégorie : Thriller

The Accountant

C’est au détour d’un repas de réveillon que j’ai été mise sur la piste de M. Wolff. Et je peux  bien avouer que sans la présence au casting de Ben Affleck,  je n’aurais probablement jamais écouté le judicieux conseil donné (après quelques boissons à bulles) par mon voisin de table entre la dinde et le dessert.

Je m’attendais à un scénario psychologico-alambiqué, un truc un peu retors, dont on sort au mieux avec une grosse envie de se coucher, au pire avec une migraine, mais sans doute pas avec un petit sourire au coin des lèvres et un franche envie de faire partager cette découverte.

D’autant que la compta et moi (et j’entends d’ici mes collègues hurler de rire) c’est pas vraiment le grand amour. Alors me taper 130 minutes en tête à tête avec des histoires de chiffres, même si c’est Ben Affleck qui m’explique le Plan Comptable, c’est pas forcément la soirée idéale à mes yeux. En plus, l’affiche est vraiment pourrie, et les errances du jeune premier dans des nanards de seconde zone n’étant plus à prouver, on est en droit d’hésiter.

Mais là, franchement, chapeau. On nous serine avec son Batman  vu et revu, alors qu’on tient là un vrai bon thriller bien construit, avec ce qu’il faut de tension, ce qu’il faut d’absurde, et sa pointe d’adrénaline qui vient vous titiller l’attention au moment où on se laisse aller à s’amadouer de la personnalité un peu complexe de ce comptable  psychorigide (que je n’aimerai pas avoir dans mes collègues, soit dit en passant).

Moi, il m’a fait penser à cette contrôleuse URSSAF qui avait trouvé sympa de passer 3 semaines à éplucher les notes de frais coréennes de mon PDG. Du genre un peu ratier, vous voyez ? Une fois qu’on tient, on ne lâche plus…

Quant aux scènes de combat, chorégraphies de Penjak Silat, elles sont impressionnantes de justesse, et vous font crisper les orteils juste assez pour déclencher une crampe ou deux. Mon troll adorerait, mais on va attendre qu’il ait 3 ans de plus.

Bref, Ben et moi, on a vraiment passé un bon moment.
Jason Bourne a du souci à se faire. Parce que là, franchement, ya concurrence.

Et il faudra aussi que je rende à notre comptable, son agrafeuse.  On ne sait jamais. Il était peut-être en classe avec M. Wolff…

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.

Jason Bourne

Certes, il avait pris du poids ces derniers temps, le Matt. Dans Oblivion déjà, j’avais tiqué.

Puis les Monument’s men n’ont pas arrangé les choses.

Il a fallu la promesse d’un Bourne supplémentaire avec son réalisateur d’origine (une exigence de la star) pour que l’on retrouve la ligne carrément sexy de Matt Damon. Et il en joue d’entrée de jeu, avec des scènes de combat pendant lesquelles la caméra, pour une fois, n’a pas d’effet grossissant. On y constate de visu que ses efforts ont porté leur fruit. En tous cas, juste là où il faut…

Bref, j’en ai pris plein les mirettes. Et je vais (peut-être finalement) remplacer la glace aux Speculoos par de la pastèque dans les semaines à venir, moi. Peut-être, j’ai dit.

En attendant, j’ai quand même essayé de finir mon pop-corn sans trop en renverser (faut pas gâcher), me contorsionnant dans mon fauteuil au fur et à mesure des courses-poursuites incessantes, comme dans tout bon « Bourne » qui se respecte. Prévoir chaussures confortables..

Une fois de plus, on retrouve les ingrédients d’une recette réussie : une bande son qui replace le contexte « Jason Bourne » avec un thème que l’on reconnaît dès les premières secondes, un scenario super bien ficelé qui combine actions et intrigues imbriquées, politique contemporaine, rebondissements, et cascades du plus bel effet, et un casting percutant.

On est fiers de notre « petit » français, Vincent Cassel, qui use de sa gueule de vilain garçon pour s’imposer face à un Matt Damon plus remonté que jamais. Il démontre d’ailleurs aussi qu’en matière de conduite par embouteillages, les français restent maîtres du jeu, sans nul doute.

Sans vouloir m’avancer, il me semble que le mec en charge du placement de produits a négocié un truc avec Dell et Audi… D’ailleurs la marque Allemande a du le regretter quand on voit comment Matt Damon leur rend sa location.

Pour autant, la part féminine de l’histoire (qui en général a une durée de vie particulièrement réduite) garde quand même une importance indéniable jusqu’à la fin, et Alicia Vikander prend toute son ampleur au générique.

J’avais appréhendé l’effet x-ième opus, d’autant que le livre lui-même s’était arrêté de suivre son héros depuis longtemps. Mais là, franchement, c’est un superbe come back. Et bien que le prochain « Bourne » (celui avec Jeremy Renner, le Clint Barton / Hawkeye des Avengers, dont la sortie a été retardée pour ne pas concurrencer l’original) laisse présager encore une belle leçon de politique internationale et de passages de douane en fraude, celui-ci nous laisse un goût doux-amer, comme à l’accoutumée. Etrange sensation entre plaisir de la fiction et révélations sur les dessous du pouvoir.

Peu importe. Moi, je reprendrai bien un peu de Matt.
M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.

John Wick

On le savait tous déjà « il ne faut pas faire chier le cow-boy noir ». On avait bien compris également qu’il ne faut pas chatouiller Néo quand il a pris une pilule rouge. Eh bien de la même manière qu’on ne doit pas piquer sa vague à Johnny Utah, il ne faut surtout, surtout pas énerver John Wick.

101 minutes d’actions ininterrompues pendant lesquelles on en arrive à se demander à quelle sauce étaient mis ses petits camarades de jeux si l’un d’eux lui passait malencontreusement devant au toboggan… Et je ne parle même pas du pauvre mec qui se serait risqué à lui piquer sa copine…

Bon, ne nous leurrons pas. John Wick, c’est pas la vraie vie, une fois encore.

Moi, il me faut endurer 4 jours de souffrances intolérables si par malheur je me coupe un ongle un peu court, alors que lui, il encaisse les coups de batte en métal comme si c’était de la mousse.

Moi, ma voiture se mettrait en grève pour des raisons beaucoup moins recevables que celles que son troisième bolide dans le film a eu à endurer.

Moi, si je rencontre à la pompe un type qui veut m’acheter mon Kangoo, je le lui vends de suite. Je le lui donne. Je le paye pour qu’il le prenne.

Non, nous ne sommes pas dupes.

Mais si l’on aborde le film dans un second degré relativement léger, on se prend à sourire de certaines situations assez cocasses, voire de certains clins d’œils assez appuyés.

Nous sommes immergés dans un univers parallèle ou mafieux russes et tueurs à gages se côtoient, s’apprécient, et sont supposés respecter un certain Code d’Honneur que certains ne respectent pas mais ça c’est pas du jeu.

Et même si son armurerie domestique, planquée là ou d’autres mettraient leurs bonnes bouteilles, est loin d’égaler celle de Brad dans « Mr & Mrs Smith », John Wick parvient néanmoins à rester crédible devant les vilains-russes armés jusqu’aux dents.

Non, nous ne sommes toujours pas dupes.

Ce n’est sans doute pas le genre de film à aller voir en sortie familiale (interdit aux moins de 12 ans), ni à envisager pour conclure une soirée drague. Par contre, si vous en voulez à votre patron, si votre voisin a encore garé sa voiture devant votre portail, ou si vous venez de recevoir votre avis d’imposition, ça devrait vous détendre.

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien…