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Spectre

Les nouveaux James Bond, c’est comme les vaccins : il faut toujours en voir au moins deux avant de valider, ou pas, le personnage.

Moi, Daniel Craig, j’avais du mal. Pourtant le Skyfall à lui tout seul avait balayé net mes solides réticences à cautionner la sex-aptitude de ce blondinet Bond. Je ne pouvais donc pas, en tout professionnalisme, asseoir là ma décision sans retourner vérifier des mes yeux l’approbation pectoro-abdominale que je pouvais apporter à James (Vous permettez que je vous appelle James, Daniel ?).

J’ai donc saoûlé mes collègues une fois de plus, claironné à qui voulait l’entendre que ce soir, j’avais rendez-vous avec un Martini-Vodka-au-shaker-pas-à-la-cuillère et avec le beau gars qu’il y aurait au bout du verre, ai quitté le bureau avant presque tout le monde, et j’ai maté.

Peut-être est-ce le contexte pas très enthousiaste qui a tempéré mes ardeurs, peut-être les très (trop?) nombreux clichés de jeunes adonis carrossés comme une Aston Martin que ma jeune blonde collègue se plait depuis quelques semaines à me distiller en longueur de journée ont-ils émoussé mon regard bienveillant sur les plus de 30 ans?

Toujours est-il que moi, ce James Bond, je ne l’ai pas franchement trouvé à la hauteur des 300 millions de dollars qu’il a coûté. Bien, certes. Plein d’actions, de moments spectaculaires, de décors et de costumes superbes.

Mais il lui manque ce petit je-ne-sais-quoi qui a fait toute la différence entre Quantum of Solace et Skyfall.

Il y a quand même du bon, hein, dans cet opus-là. Je me suis même surprise à sourire à quelques répliques bien avancées.

J’ai aussi adoré cette façon de renouer avec les Bond des années 60/70. Le look, les voitures, le style étaient fortement orientés en ce sens, et ça c’était une sacrée bonne idée. Tous les petits rappels qui vont bien donnent une dimension particulière au scénario.

Et même si on n’est pas d’obédience mâle, on se laisse gagner par un « Oh ! » admiratif devant l’Aston Martin du film. 32 Millions rien que dans les 10 voitures nécessaires au tournage, dont 7 entièrement détruites…

Pour le reste par contre, Léa Seydoux, définitivement non. Monica Bellucci non plus d’ailleurs. Je suis encore à me demander ce qu’elle fiche dans le film d’ailleurs.

Après, on sait bien que les James Bond girls ne sont pas recrutées sur leurs talents d’actrices…

Et puis Daniel, je suis désolée, mais toi et moi ça ne va pas le faire.

J’ai essayé pourtant. Mais vraiment, là, tu me fais autant d’effet qu’un merlu mariné aux cèpes. Le néant. Pas la moindre petite vibration. Nada. Niente. Que dalle.

C’est pourtant pas faute aux artificiers et d’avoir fait péter à tout va, y compris en plein désert Marocain, pendant que tu bondissais dans tous les sens. Mais vraiment, si je regarde ne serait-ce que les souvenirs de Sean que j’ai de toute petite, ou ceux de Pierce un peu moins rassis, là, les souvenirs de toi, ben ils ne tiennent pas la distance.

Faut pas m’en vouloir bonhomme. Moi, je les aime bruns mes espions du MI6.

Alors voir tes pectoraux d’entrée de jeu sur un générique très moyen, et une bande son pas franchement à la hauteur de ce qu’Adèle nous avait concocté, ça refroidi.

Alors peut-être bien, mon cher Daniel, qu’il est temps de laisser la place au suivant ? Nous en trouver un plein de charme, d’humour et de pectoraux, de chti nouveau. Un homme objet fort, fier et imperturbable. Comme on aime nos James Bond, quoi.

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.

November Man

Inconditionnelle de Pierce Brosnan depuis ses premières apparitions dans Remington Steele, et bien que n’étant pas du genre à lâcher l’affaire avec Brad Pitt sous prétexte qu’il est marié à cette pétasse d’Angelina, je suis quand même allée jeter un coup d’oeil à son dernier film « November Man ».

Si battage il y a eu pour sa sortie, ce n’est pas arrivé jusqu’à moi. Ce n’est qu’après une recherche ciblée sur les films en salle actuellement que je me suis décidée sur celui-ci. Il était quand même assorti d’un « peut-être »…

Finalement, je suis bien contente d’avoir balayé ce « peut-être », et, aidée par une météo de Novembre, être allée me réfugier au frais (il faudra demander au CGR Tarnos de penser à couper la clim maintenant…) d’une salle obscure.

Si je laisse de côté le merchandising mis au goût du jour par les James Bond et qui envahit maintenant nos écrans, je me suis plutôt régalée. Mon téléphone n’est certes pas un Sxxxxxg, ma voiture n’est pas non plus une BxW, mais j’ai quand même été rapidement mise en immersion complète dans ce film d’espionnage réalisé de main de maître, où l’on retrouve tout ce qui a fait le charme des Jason Bourne, Week-End Ostermann et autres Spy Game.

On est entraîné de bout en bout par une succession d’actions brutes, violentes et par un suspense bien mené. Ce qu’il faut de jolies filles, un méchant méchant qu’on ne sait pas qui s’est jusqu’à la presque fin, et quelques méchants pas si méchants finalement, et voilà la recette de 108 minutes de cramponnage de fauteuil.

Gageons que sur les 13 tomes de l’œuvre de Bill Granger, il y en aura bien au moins 2 ou 3 adaptations ciné…

Moi, ça me va.

Si Pierce, on le savait déjà, fait un espion très crédible, son jeune padawan Luke Bracey tient bien la route également et devrait être en mesure de laisser Pierce à sa retraite d’ex-agent de la CIA et prendre le relais avec efficacité et beaucoup de sex-appeal. Ajoutez à ça que Matt Damon annonce son retour sous les traits de Jason Bourne, et on ne va plus savoir où donner de la tête en 2016 !!!!!

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien…

Equalizer

Il leur fallait un vieux. Oui, parce que pour passer derrière Edward Woodward, il faut quand même avoir déjà quelques kilomètres au compteur. Et puis l’idée de surfer sur la vague de RED et de son troisième âge armé jusqu’au déambulateur n’est pas si mauvaise, après tout…

Le casting commença par retenir Russel Crowe. Il aurait franchement été top.

Top, mais pas assez vieux (46 printemps pour mon beau centurion en jupette !).

Alors on lui a préféré Denzel Washington, et c’est pas mal non plus finalement.

D’entrée de jeu, pour bien se mettre dans la peau de son personnage et alléger un peu les tourments de ses richissimes producteurs, il s’est fait régler un cachet de 20 millions de dollars, sur les 50 du film. Avec ça, il a de quoi voir venir pour ses vieux jours, d’autant qu’un second opus est d’ores et déjà annoncé, avec lui au générique.

Autant la série des années 80 est loin de m’avoir laissée un souvenir impérissable (trop occupée que j’étais à l’époque à reluquer Johnny Depp dans Jumpstreet), autant le remake pouvait permettre aux scénaristes de se prendre au jeu et de se lâcher un peu. Et c’est ce qu’ils ont fait !

Il va de soi que ce genre d’héro du quotidien, d’une banalité désarmante en public et qui se transforme à la lueur des réverbères, défie toute logique. Ceux qui y sont allés en prenant cette trame à bras-le-corps au premier degré ont certainement accusé le coup de boule du siècle. Non, on ne devient pas Bob McCall en se contentant de tourner sa petite cuillère dans son café. De longues heures d’un entraînement intense sont nécessaires, et la manipulation de la visseuse, à elle seule, requiert une dextérité dont même moi je ne saurais me prévaloir. Et pourtant…

Non, franchement, en prenant les 132 minutes de film dans un pur second degré, on passe un vrai moment de pur régal. Certes, c’est gore, trash, sanguinolent et un rien border-line pour ce qui est des méthodes de mort assistée dont on se repaît tout au long du scénario. Et pourtant, je me suis surprise à éclater de rire en voyant l’usage bien peu orthodoxe qu est fait d’un taille-haie, ou celui d’une perceuse à percussion (avec mèche béton s’il vous plaît !).

Les critiques que mon souci du détail m’a amené à lire, se sont toutes focalisées sur le tire-bouchon. Certes, il trouve là un usage bien peu ordinaire, mais on reste très très loin de celui du batteur électrique de Dupontel dans « 9 mois fermes ». Dont acte.

Bref, on aura compris que Bob Mc Call n’est pas un aficionados des fusils. Par contre, c’est un véritable as du bricolage qui sait donner une seconde vie à ses outils, et n’hésite pas à les remettre en rayon quand il les emprunte. Avec un bon coup de chiffon s’il vous plaît.

Quant à la petite HitGirl qui a troqué sa perruque violette contre une brune, puis une rouge, puis encore une autre, et nous étale ses longues jambes sur talons aiguilles comme pour bien nous montrer qu’elle n’a plus 10 ans, elle est juste et touchante. J’ai quand même regretté qu’elle ne nous gratifie pas d’un petit uppercut ou deux, histoire de me remettre en mémoire ses talents martiaux…

La bande son est impeccable. Le méchant hyper méchant, et presque hypnotique. On regrette peut-être juste ce déballage d’objets publicitaires que la maison de production s’est régalée de caser d’un bout à l’autre du film (m’en fous, moi, mon téléphone, il est Finlandais, pas Japonais…) et qui décrédibilisent un peu le personnage.

C’est violent un max, c’est trash à fond, c’est improbable au possible. J’ai adoré. Toute la haine qui s’est déchaînée sur l’écran m’a fait sortir de la salle sourire aux lèvres et détendue au volant, et ce malgré le pingouin (rangée 25 siège 4) qui avait trouvé sympa de s’enfiler un paquet de chips pendant que l’hémoglobine ruisselait sous nos yeux. Apparemment, son appétit n’en a pas souffert.

Le deuxième opus devrait rapidement voir le jour, avant que Denzel ne soit trop rassis, et c’est tant mieux car je ne compte pas le rater.

Mais après ça, vous ne regarderez plus jamais votre magasin Leroyrama de la même manière…

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien…

THE RYAN INITIATIVE

Manquer un film d’action, d’après un roman de Tom Clancy THE maître des romans d’espionnage, réunissant Elisabeth Swann, Robin des Bois, Captain Kirk et Gilderoy Lockhart était une option que je n’envisageais même pas (à l’attention des puristes : j’ai pris Gilderoy Lockhart pour que tout le monde me suive, mais aurais pu, bien entendu, citer plutôt Henri V…).

Bravant donc inondations et pluies diluviennes, j’ai amené mon Kangoo sur l’un des rares quais de Bayonne encore à sec, et me suis posée 1h47 dans une immense salle presque vide. Je dis bien presque, car sur les 300 places de la salle, 6 quand même étaient occupées (dont une par mon formidable dentiste soit dit en passant…).

Mais ne nous fions pas à la vacuité des fauteuils, car ce fut bien là l’heure 47 la plus tendue, la plus active, la plus palpitante que j’aie vécu ces dernières semaines. Les courbatures qui se révélèrent quand il fallut que je me lève pour sortir sont gage que mes petits doigts crispés ne furent pas les seuls à se cramponner pendant pratiquement tout le film. Mes mollets et une partie charnue de mon anatomie aussi s’en souviennent. C’est bon, je peux zapper la séance d’abdos-fessiers cette semaine.

Un savant cocktail de « Jason Bourne » et de « La Firme », avec une petite pointe de « Mission Impossible » et un joli parasol en papier (pour la déco) qui tient en haleine de bout en bout.

La relève de Matt Damon n’était pas évidente à prendre, mais le pari est pourtant bien réussi et Chris Pine jongle avec les courbes de Wall Street (c’est d’actualité décidément!) et les armes de poing comme il slalome dans un champs d’astéroïdes avec l’Enterprise.

Mais celui qui incontestablement crève l’écran, c’est bien notre Hamlet (toujours pas oscarisé malgré ses nombreuses nominations) Kenneth Brannagh, qui ne se contente pas d’incarner un méchant-méchant, mais passe aussi derrière la caméra pour la réalisation. Thor, c’était lui aussi. Ben là, c’est aussi bien mené que Thor, sauf qu’il n’a  pas été sponsorisé par Leroyrama cette fois, mais clairement par une marque de voitures allemandes.

Un petit clin d’oeil au chéri de mes jeunes années, Kevin Costner, qui semble enfin, si l’on en croit ses dernières apparitions plutôt réussies, revenir sur le devant de la scène. Il troque pour l’occasion son arc redoutable pour un non moins redoutable fusil de sniper, Si la CIA le prend comme sergent-recruteur, moi je signe direct. Il n’aura même pas besoin de me menacer. Non non non.

La gent masculine qui compose une partie de mon lectorat me demandera « Et Keira, alors ? ». Oui, bon, ok. Elle ne zappe pas les cours de step, elle (et ça se voit…). Mais redescendez sur terre, messieurs ! Ce n’est qu’une actrice, après tout… D’ailleurs, coin de dos mis à part ébauché pendant 10 secondes, on ne voit rien que la décence américaine ne tolère. Et puis, moi, je porte les diamants aussi bien qu’elle.

Je profite de cette page pour lancer un appel personnel aux nettoyeurs de la CIA qui, s’ils sont aussi balèzes qu’on le laisse entendre, seraient bienvenus de prendre 30mn pour venir finir le carrelage de ma salle de bains et le raccordement de la douche de la chambre d’amis. Vu ce qu’ils semblent à même d’accomplir en 15mn dans une salle de bains à Moscou, je n’ose imaginer ce qu’ils seraient capables de réaliser dans ma salle de bains à moi… S’il faut pour cela mettre KO un gros mafieux baraqué, qu’ils n’hésitent pas à me le dire. Je m’en occupe.

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.

SKYFALL

Ah… James… Qu’en dire ? Je déteste Daniel Craig !!! C’est lui qui m’a tenu à l’écart des deux derniers 007, faute d’aimer voir un déménageur enfiler sans classe un smoking trop étroit aux entournures.

Ben là, franchement, j’ai A-DO-RE !

Ou comment une production a su rebondir sur ce qui avait fait sa chute il y a quelques films de ça.

Les absences décriées du charisme, de la classe, de la subtilité qui avaient fait le succès des versions précédentes, sont soudainement devenus fers de lance de cet épisode musculeux et subtil à souhait.

Pas un plan qui n’échappe au clin d’œil des 50 dernières années, jusqu’au côté « mauvais garçon inculte » qui prête à sourire et donnerait presque envie, le temps d’un soir, de se transformer en professeur d’art pour culturationner un peu ce charmant déménageur à l’accent voyou.

Quoi ?! Que dis-je ?! Moi, me laisser emporter par le sourire de Daniel Craig ? Ah non ! Plutôt aller lui allumer une flambée dans sa maison d’Écosse, ou lui raser le menton avec un couteau à beurre !

J’ai tout aimé, du début à la fin. De la superbe bande son (merci Adèle pour ce bijou supplémentaire !) qui pense, le temps d’un road trip avec l’Aston Martin de Sean (ah, lui, que je me l’aime…) à rejouer l’ancien thème musical qui va bien, aux clins d’œil qui raccrochent sans anicroche le « nouveau » M, Moneypenny, Q, et toute la nouvelle bande « version 21ème siècle ».

Un léger, très léger bémol cependant, pour ce cinquantenaire : j’aurais bien vu Sean (ah, Sean…) dans le rôle du vieil Écossais. Si si. J’aurais bien vu ça, moi. Et pourquoi pas quelques apparitions subtiles des autres James, le temps d’un clin d’œil par exemple… Dommage.

Bien joué Mademoiselle Broccoli. Là, pour un coup de Maître, c’en est un. Juré.