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DANS L’OMBRE DE MARY

Supercalifragilistiquexpialidocious !!!!

J’ai eu beau me raisonner, du moment où je me suis convaincue d’aller voir « A l’ombre de Mary », je n’ai eu que cette ritournelle en tête.

Tout le monde en a fait les frais. Du facteur à la caissière du supermarché, en passant par mes voisins au feu rouge ou encore le monsieur de la DGE qui tenait le panneau « feu rouge / feu vert » aux travaux sur les quais de l’Adour. Tous se sont demandé pourquoi cette dame semblait si épanouie, et qu’est-ce qu’elle pouvait bien chanter ainsi à tue-tête dans son Kangoo poussif.

Certes, ce n’est pas une comédie facile. Et loin de là s’en faut. Le bras de fer mené entre Walt Disney et Pamela Travers pour aboutir à ce petit chef d’œuvre qui nous a tous fait rêver de voir un jour le vent tourner et une joyeuse nounou débarquer sous son drôle de parapluie avec son copain ramoneur, ce bras de fer donc fut sans nul doute la plus longue (20 ans!) et la plus diplomate des négociations du monde du cinéma.

D’entrée de jeu on se demande bien pourquoi autant de patience, de compréhension et de retenue face à cette vieille fille revêche et aigrie, qui aurait bien besoin de changer de matelas, de trouver un mari, et de changer aussi de coiffeur au passage. D’autant que pour conserver au personnage toute sa candeur et toute notre sympathie, les scénaristes ne se sont pas gênés pour faire quelques coupes sèches dans sa vie privée. Sans quoi c’en était fini de la compassion et autres élans d’affection à son égard.

On efface entre autres au passage ses « talents » de critique de cinéma qui avait retaillé une robe de bal pour Blanche Neige, des costumes pour chacun des nains, et une nouvelle cape pour le Prince au passage, en 1936. Elle n’aime pas les dessins animés. Et elle l’a fait savoir haut et fort à la sortie de « Blanche Neige et les sept nains », ce qui n’avait pas du, à l’époque, mettre Walt Disney dans le camp de ses admirateurs inconditionnels…

Mais ça, c’était avant.

Parce qu’après, pour ses filles, il ne va pas hésiter à tomber la chemise, Walt. Il va ramper. Il va supplier. Il va accepter, tolérer, comprendre même.

Nous, on ne comprendra vraiment que quand, au détour d’une petite phrase, on apprendra qu’il a eu lui aussi à subir les assauts de producteurs ambitieux pour ses droits sur une petite souris aux mains gantées qu’il avait dessiné en des temps de vaches maigres.

Alors il comprend, il endure, il tolère. Et on se prend nous aussi au jeu de sympathiser pour cette horrible râleuse dont le verre à moitié vide et les phobies multiples doivent rendre le quotidien aussi réjouissant qu’une rediffusion de « Derrick » à la Maison de retraite « Les Glaïeuls ».

Etre aussi méfiante, aussi contrariante, relève sans conteste de la discipline olympique, et suivre un tel cheminement demanderait une concentration sans limite si les multiples flash-backs n’arrivaient à point pour apporter le petit éclairage manquant à une réplique, une attitude, un égarement, une colère soudaine. Certains se plaindront peut-être de se trouver ainsi interrompus dans leur suivi attentif du combat de titans. Mais il faut prendre le parti de laisser son esprit se faire porter par le film, et on en appréciera alors toute la subtilité.

On fini ainsi par accepter l’irascibilité de cette femme dont la seule bouée à quoi se raccrocher est son personnage inventé plusieurs décennies auparavant comme une psychothérapie bon marché.

On admire la patience de son opposant, qui essaye tant bien que mal de l’éblouir de ses merveilles.

On compatit à l’évidente flexibilité des compositeurs et du scénariste, contraints malgré eux d’endurer les foudres d’une néophyte prétentieuse.

On a du mal à comprendre la gentillesse un peu niaise du chauffeur particulièrement compréhensif.

On en veut à Walt Disney de ne pas jouer le jeu jusqu’au bout.

On se laisse volontiers envahir pas les émotions quand enfin Mme Travers laisse déborder les siennes.

Et on plonge, trop heureux de constater que la fin est bien celle que nous connaissons, avec chevaux de bois et veste rayée, parapluie au manche-perroquet et cerf-volant-suffragette…

Et en retrouvant la lumière du jour, on a presque envie de vérifier si le vent, par hasard, n’aurait pas tourné vers l’Est. Et d’ouvrir un parapluie. Sait-on jamais…

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.

THE GRAND BUDAPEST HOTEL

Il est de ces journées qui commencent mal…
Par une cafetière qui déborde,
Par une boîte de céréales vide,
Par un robinet inerte alors que, la bouche pleine de dentifrice, vous alliez remplir votre gobelet,
Par une fuite d’eau magistrale dans le jardin qui vous fait soudainement comprendre l’inertie précédente du robinet sus-cité de votre salle de bains…

Bref, pour contrer ces journées ou il est bon de décrocher, et de s’aérer un peu l’esprit, moi, j’ai trouvé un truc imparable ! En ce « Printemps du cinéma », et en dépit de certaines réserves entendues de ci de là, j’ai opté pour le dernier petit bijou de Wes Anderson (réalisateur dont, soyons honnêtes, je n’avais jamais entendu parler avant ce matin…).

La distribution hallucinante, les décors fantastiques, et le scénario improbable vous feront voyager, pendant 1h39, dans les limites les plus extrêmes de l’absurde et du détachement.

Moi, la cartésienne, j’ai A-DO-Ré !

Il ne faut pas hésiter à passer outre le côté « pièce montée » de l’affiche pour basculer dans un univers loufoque à souhaits, dont Ralph Fiennes, en Concierge dandy ultra zélé et efficace, mène la danse de bout en bout (on est loin de son interprétation de Voldemort…) aux côtés d’un jeune inconnu Guatémaltèque qui, du haut de ses 18 ans, parvient sans effort à gagner la sympathie du spectateur par son authenticité et sa justesse.

Et on est bien contents, nous, spectateurs, que le rôle de M. Gustave ait été remporté par Ralph Fiennes. Il semble qu’au départ Johnny Depp était pressenti pour ce rôle. On y aurait sans nul doute perdu toute l’originalité de l’interprétation, pour n’y retrouver qu’une énième « Deppisation » d’un personnage fantasque et border-line. Qu’on ne s’y trompe pas : j’adoooooooooooooooore Johnny Depp. Mais là, franchement, Ralph Fiennes a endossé le costume du concierge avec beaucoup de panache. Top.

Les chauvins cocoriteront s’ils le veulent, de savoir l’un des rôle féminins tenu par Léa Seydoux, mais mis à part son interprétation de soubrette « à la française », je ne vois pas là de quoi chanter la Marseillaise. Pour ma part, je n’ai pas su où donner de la tête, grappillant chaque détail entraperçu sur le moindre plan, reconnaissant, le temps de quelques répliques, les visages célèbres d’interprètes prestigieux (on se croirait à l’entrée des Golden Globes !), regrettant de n’avoir qu’une seule paire d’yeux pour ne rien manquer de ce son et lumières étonnant.

Parvenir à associer les paradoxes (nombreux et volontaires) entre les narrations de la voix off et l’illustration qui en est faite demande une certaine gymnastique intellectuelle, et si vous êtes un spectateur de nature plutôt passive habituellement, il vaut mieux alors éviter de vous déconcentrer sous peine de rater là l’essentiel de l’effet burlesque, et ne pas comprendre ni entrer totalement dans le film.
On n’est plus dans du second degré. On est bien au-delà…

Que l’action se passe dans les couloirs de l’hôtel, dans le manoir Desgoffe und Taxis, dans la prison Dock 19, ou dans un cloître enneigé au sommet du monde, on est emporté en non-stop dans un tourbillon d’actions plus improbables les unes que les autres, ponctuées par d’innocents mais néanmoins très pertinents clins d’oeils, qui feront passer le prochain James Bond pour un épisode des Bisounours.

Un meurtre, de l’argent, la guerre, un mystérieux testament perdu, un tableau de maître volé, et une loyauté sans faille tissent la trame de cette petite perle du cinéma américain.

Pour finir, je ne peux manquer de signaler la bande son super originale, majoritairement à base de Balalaïkas, qui n’est pas sans me rappeler la BO du « Grand blond avec une chaussure noire ». Et moi, ce rapprochement, il m’a donné le sourire de bout en bout.

Un vrai bain de jouvence.
M’enfin, moi, j’dis ça, j’dis rien…

NEUF MOIS FERME

En ce début d’année gris, pluvieux et froid (janvier, quoi), il faut bien se regonfler un peu. On a alors le choix de se faire une orgie de glace devant un « Bridget Jones », ou alors aller chercher la nouveauté.

 Loin d’être fan de Dupontel, que je jugeais névrotique et agité du casque (sans doute son « Bernie » plus vrai que nature n’y est pas étranger…), colérique (sur le plateau de France 3 avec Laurent Bignolas -qui entre nous soit dit n’avait qu’à faire son boulot-), et postillonnant (là, je n’ai pas d’exemple, mais ce n’est que mon avis…), j’ai fini pas me dire que, des comédies françaises de ce début d’année, c’était sans doute la sienne qui, pour le moment, tenait le haut du pavé.

Ajoutez-y :

  • La trame originale,
  • Sandrine Kiberlain, qui peut se montrer déjantée à l’occasion,
  • Dupontel, ben… C’est Dupontel, quoi.

Allez. Je me lance !

 Et qu’est-ce que j’ai bien fait !

D’entrée de jeu, le ton est donné sur un scénario bien assaisonné où magistrats et hommes (et femmes) de robe sont habillés pour l’hiver, avec un soin particulier porté à l’image et à la bande son qui apportent de la douceur à  une histoire de grossesse inexpliquée sur fond de globophagie gore et tordue.

 Je passerai sur l’interprétation de Sandrine Kiberlain qui, comme d’habitude, est particulièrement juste et crédible. Rien à ajouter sur cette actrice connue et reconnue, qui sait se lâcher quand on lui en donne l’occasion, et pour notre plus grand plaisir !…

 Je préfère m’atteler à Dupontel, le décrié. On en aura tout dit, de cet acteur/comique/réalisateur. Du mal, et du moins mauvais.

 Moi, la dubitative, il m’a conquise.

Pas sur cette fameuse scène « de la cuisine » qui restera, je le crains, dans la mémoire collective des critiques professionnels comme le moment clé du film si j’en crois mes différentes lectures post-visionnage de Télérama et autres Première.

Ces quelques critiques (qui, eux, savent certainement de quoi ils parlent) lui ont pour l’occasion redoré le blason en termes élogieux, allant jusqu’à le comparer à Blake Edwards (ce qui ne parle qu’aux dinosaures de mon espèce) sur notamment LA scène déjantée du film dans laquelle il invente un rôle surprenant à un batteur électrique. Tout éclairés qu’ils aient été, ces professionnels du « j’vous l’avais bien dit », il me semble qu’ils sont passés bien loin du film. Mais ne dévoilons pas les morceaux croustillants, si j’ose dire, et laissons-les à leurs évasions psychotiques.

 Moi, j’ai tout simplement fondu devant sa tendresse de criminel « bas du bonnet », devant son approche décalée de mec gentil. « Débile et taré », mais foncièrement sympathique. Le paumé dans toute sa splendeur, qui ne fait que ce qu’il sait faire, et qui, pour une fois, essaye de se montrer persuasif en aidant une juge dont il pense pourtant les mœurs douteuses.

 En fait, c’est un film qui demanderait à être vu plusieurs fois, tant chaque image est truffée de petits détails dont Dupontel a le secret, plus hilarants les uns que les autres. De la bande-passante en bas d’écran sur les flashs infos, à un Jean Dujardin en interprète du langage des signes (joli clin d’oeil à celui qui a su ne miser que sur sa gestuelle dans « The Artist »), en passant par le pladoyer alambiqué de l’avocat bègue, ou la recherche Wikipédia sur la génétique du collègue « dégénéré fin de race », on ne sait plus où donner du globe oculaire.

 La moindre réplique est travaillée. Le moindre détail est volontaire. Un vrai bonheur de précision. Un film façon « horlogerie suisse » en quelque sorte, dans lequel chaque seconde est un rouage indispensable à notre plaisir.

Mais moi, j’dis ça, j’dis rien.

JAMAIS LE PREMIER SOIR

Casting alléchant et teasers croustillants m’avaient convaincue d’aller me booster le moral devant ce vaudeville à la française. Car vaudeville c’en est un. Des portes qui claquent, des amants éconduits, des situations cocasses. Tout y est.

Le côté français est moins glorieusement imagé par du sexe, de la grivoiserie, et des situations amoureuses dans lesquelles, à moins d’être une jeune quarantenaire citadine sans enfants et sans entraves dont les principales problématiques quotidiennes sont de savoir avec quel mâle rencontré dans un bar pour célibataires on va passer la nuit, on ne se retrouve pas.

Donc moi, lestée de mes deux gosses et de mon bagage affectif compliqué, je n’ai pas accroché. Sans doute que mon travers de provinciale n’y est pas étranger. Pas de bar pour célibataires à Irunaga…

Quelques scènes bien amenées prêtent néanmoins à sourire, voire plus. Ne serait-ce que la première scène du film qui aurait pu, en son temps, me donner quelques idées de mesures répressives si je n’avais eu, pour ma part, suffisamment d’imagination pour pallier à cet infime détail (quoi que passer les chaussures dans le four, je n’y ai pas pensé à l’époque, je l’avoue. Mais je me le note pour plus tard…).

Mais si ce n’est la surprenante et tendre interprétation de Jean-Paul Rouvre, ou encore la présence de la pétillante Mélanie Doutey, l’ensemble n’est qu’une succession de clichés confirmant que la vie sentimentale n’est qu’une longue quête sans fin qui, même pour la jolie blonde au sourire ravageur qu’est Chouchou, se montre particulièrement semée d’embûches. Et ça, soyons honnête, ça rassure !

C’est dommage. On aurait pourtant bien eu besoin d’une version française de « Love Actually », qui faute de concurrent caracole toujours en tête de mon top 3 des comédies sentimentales anti-coup de blues.

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.

LES GARCONS ET GUILLAUME, A TABLE !!!

Dans mon coin de paradis sur ma colline, je n’ai entendu parler de ce petit bijou que par hasard, au détour d’une publication Facebook « tiens, ce soir, je vais voir « les garçons et Guillaume, à table ! »… »;
Rien que le titre est rebutant.
Pourtant, sans même en connaître le synopsis, j’ai voulu aller voir ce Guillaume Gallienne si souvent entr’aperçu en second rôle et si juste dans ses répliques. Bon, ok, sans doute que sa place de sociétaire à la Comédie Française a titillé ma curiosité aussi, je peux l’admettre.
Alors, bravant fin de bronchite et début d’année, j’ai plongé.
Et quel délice !!!

La recherche de l’identité sexuelle…
Sujet intarissable pour lequel chacun a quelque chose à dire et absolument rien à apporter aux malheureux qui ont à l’affronter.
Je passerai sur les critiques « à la mode » qui si l’on en croit leurs écrits se sont tapé l’intégrale de Pernoud, de Dolto, et ont suivi un stage récemment avec Rufo avant de prendre la plume pour assassiner ce chef d’oeuvre.
Sans même avoir un abonnement à Biba ou à Femme actuelle, moi, j’ai adoré.

Guillaume Gallienne, pourtant loin du physique habituel de mes héros-chéris-à-moi-que-j’ai, a réussi l’exploit incommensurable de me tenir en haleine de bout en bout sur une petite merveille de scénario assaisonné aux petits oignons, oscillant entre règlement de comptes et déclaration d’amour, éclairant d’un jour nouveau ma vision du choix de la sexualité pour ceux qui n’ont pas eu la facilité de suivre sereinement leurs sentiments mais ont eu à combattre les préjugés de leur entourage pour pouvoir s’épanouir.
Certes, il paye de sa personne, nous révélant des parties de son anatomie que le répertoire de la Comédie Française réserve habituellement à son habilleuse, et dévoilant ses secrets les plus profonds comme s’ils étaient de vulgaires évidences. Admettez que vous aussi, vous vous étiez à peine posé la question sur les préférences de ce drôle de petit bonhomme à la voix haut perchée et aux manières si précieuses.

Son témoignage, émouvant, juste et aussi très drôle vient à point nommé, en ces temps où certains humoristes sous prétexte de se rire de tout s’offrent de la publicité gratuite en prime des JT. Il nous prouve qu’on peut rire de tout, en effet. Avec classe, élégance et intelligence, ça passe comme une lettre à la Poste, et sans aucune interdiction préfectorale.
On peut rire de l’homosexualité. De l’hétérosexualité. On rit aussi et surtout des préjugés et idées préconçues que l’on a tous eu, à un moment ou à un autre. Si si si. Moi aussi. Vous aussi. Tous, on a eu un jour une idée « à la con » sur le sujet. Et on se retrouve épinglés dans ce film comme des magnets sur un frigo. Dans la mère à la fois si aimante et si absente pour son fils si demandeur. Dans la tante « américaine » si tranchante. Dans le père si maladroit devant son fils qu’il ne reconnaît pas. Dans la tante marocaine si juste dans ses solutions…

De la descente aux enfers en boite de nuit, aux bizutages lycéens, en passant par l’irrésistible cure thermale, on prend fait et cause pour Guillaume, on se surprend même à se chercher nous aussi.

Alors pour toute la délicatesse apportée au texte, si juste et si travaillé, pour toute la subtilité du sujet, pour la précision du jeu d’acteur (mention spéciale sur la transformation dans les 5 dernières minutes de film), pour la dérision des moments délicats présentés avec tant d’humour, pour m’avoir permis de comprendre enfin pleinement la torture de certains de mes amis qui ont eu à affronter ces moments de quête, (et aussi un peu quand même pour avoir enfin révélé que l’équitation est un sport de sensibilité et de lâcher-prise…) : Merci, Monsieur Gallienne !!!

Et Monsieur avec un M majuscule, parce que pour se mettre à nu de la sorte, en gardant le sourire, la classe, et le contrôle, il fallait en avoir. Et c’est clair que le doute n’est plus permis : il en a, Guillaume Gallienne.

Tiens, si Brad Pitt ne passait pas son temps à me relancer par téléphone pour dîner avec moi, je crois bien que je l’envierai bien un peu, votre Amandine, Monsieur Gallienne.
M’enfin, moi, j’dis ça, j’dis rien.

Moi, Michel G., milliardaire et maître du monde…

Je ne suis pas fan des films d’auteurs, d’art et d’essais, voire tout simplement du cinéma Français. Un tort sans doute, si j’en crois ce superbe bijou découvert hier soir au détour d’une soirée improvisée pizza-home cinéma.
Pas de Super héro qui déboule pour sauver le monde. Non. Juste une chronique bien ficelée par Stéphane Kazandjian, montée comme un reportage dont aujourd’hui les chaînes à sensation nous abreuvent, et qui ne laisse pas indifférent à qui suit (un peu) l’actualité économico-politique française.

Pas de mise en garde du genre « toute ressemblance avec des personnages existants serait purement fortuite ». Non. Là, tout le monde est bien ouvertement rhabillé pour l’hiver, et les personnages sont si facilement identifiables qu’il n’est pas nécessaire de chercher bien loin pourquoi ce film est sorti en catimini sur une production indépendante, loin des réseaux habituels…

Moi, j’ai adoré. Peut-être parce que j’y ai retrouvé une partie d’état d’esprit de ma vie d’avant, quand j’étais encore la femme d’un jeune PDG aux dents longues et si soucieux du paraître et de son compte en banque.
Ou alors tout simplement parce que je me dis que ce n’est finalement qu’une parodie hilarante du monde dans lequel nous vivons. Autant de dérision donne du recul sur ce qui nous entoure et que l’on ne voit plus. On y voit soudain clair dans cet humour noir, et ça ne laisse pas indifférent. On ne considère plus les grands de ce monde de la même façon. On ne votera sans doute plus avec autant de légèreté.

Moi en tous cas. Enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.

KICK ASS 2

Kick Ass 2, parce qu’à 43 ans, on est presque trois fois plus ado qu’à 15…

Le Kick Ass 1, premier du genre « parodique post-apocalyptique pour ados très tardifs», était encore tout frais à mes petits neurones, puisque je ne l’ai découvert (honte à moi!!!) que très récemment à l’instar d’un quidam bien-pensant qui voulait parfaire ma culture des Super-héros avant que je ne commette l’irrémédiable et ne me lance dans mes délires de noms pour mes natifs d’Irunaga. Grand bien lui fit. Le 1 fut un grand moment, et depuis j’attends l’année des K, des H et des R avec impatience.

Alors le 2, pensez donc ! Je ne pouvais pas le manquer, et de bande annonce en affiches, date était prise.

Ce soir, je plongeais.

Outre rallonger ma liste de noms potentiels, je comptais bien retomber un peu dans cette adolescence que (et mes collègues de la LH ne me contrediront pas) je n’ai fait que survoler. Car oui, aussi surprenant que cela paraisse, j’étais une lycéenne studieuse et appliquée, moi. Enfin, appliquée surtout. Bref, quoi qu’il en soit, me voici maintenant avec plein de couleurs dans la tête, encore sous le choc (et ç’en fut un!) de la superbe perruque violette de Hit Girl qui m’avait déjà transcendée pour le 1 et a ce soir achevé mon ébahissement. Je veux la même.

Oui, je suis retombée en plein délire hormonal comme seuls savent endurer les ados mal dans leur peau et introvertis, quand ils se prennent à rêver et se voient porteurs de super pouvoirs et d’une indépendance affectivo-adulto-financière que jamais l’espèce humaine ne pourra réellement atteindre. J’ai eu une furieuse envie de savoir me battre comme cette gamine en jupette, j’ai adoré son jargon fleuri (et pourtant, moi, j’en connais!) que même dans les plus sombres et profondes des écuries qu’il m’a été donné de fréquenter, je n’ai jamais rien entendu de tel. J’ai cautionné (d’ailleurs, y’en a un à la maison) le pot à amendes pour jurons. J’ai apprécié en connaisseuse la plastique plutôt réussie de Kick Ass en pleines tractions sur un seul bras. J’ai détesté ces pétasses de lycée à la plastique parfaite et au rouge à lèvres trop impeccable. J’ai acclamé les vilains-méchants et leurs noms à coucher dehors.
Dommage cependant que le travers « ados » ait pris le dessus sur une trame qui aurait pu se contenter d’être juste terriblement drôle et décalée, et qui a laissé place à du gore du moins bel effet. Le tazer vomito-laxatif, bof.
Une parodie de bout en bout, certes. Avec l’inévitable enterrement (tout pareil que dans Spiderman), l’éternel méchant vraiment vilain et la chute finale qui ouvre droit à un numéro 3.

Les Super-héros ont été rhabillés pour l’hiver. La collection valait le coup d’oeil.
J’en connais une qui cherchait des idées de costumes pour Halloween… Toujours demandeuse ? Parce que moi, maintenant, j’ai plein d’idées;)
M’enfin, moi, j’dis ça, j’dis rien…

LONE RANGER

Bercée des années par le tonitruant « Ohhhhhh, Silver », claironné par mon papa, ce héro, lorsqu’il garait la 504 familiale, je me devais d’aller m’imprégner de la version 2013 de ce qu’il avait connu en série télé des années 50 (3000 épisodes quand même…).

Grand bien m’en pris.
Si l’on fait volontairement abstraction des lèvres siliconées de l’héroïne (Ruth Wilson) qui tranche un peu avec le casting, et que l’on se refuse à tiquer sur quelques incohérences, on passe vraiment un excellent moment.


Non seulement Johnny Depp confirme, si besoin était, qu’il a su imposer son style dans ses personnages (on retrouve clairement un peu de Jack Sparrow dans ce Tonto décalé et rénégat), mais le scénario, bien enlevé (pourtant pas vraiment innovant dans la catégorie Western) nous emporte de bout en bout, et l’on ne voit pas passer les 2h29mn de courses poursuites, pataclops et autres « pan-t’es-mort » .
Il est efficacement secondé dans sa tâche par un Arnie Hammer aux dents éclatantes (nous n’avons pas eu la primeur de voir le reste…). Ce fils à papa élevé aux Îles Caïman, entres autres, fait rapidement oublier son rôle du Prince Charmant dans Blanche Neige pour se consacrer de manière très pertinente à l’auto-dérision, qualité incontournable quand on tourne aux côtés de Johnny Depp.


Il est à noter l’exploit peu commun qui consiste à appliquer l’auto-dérision à tout le casting, chevaux compris. C’est pourtant chose faite, et je tire mon chapeau au réalisateur (Gore Verbinski, les 3 volets de « Pirates de Caraïbes », c’est lui…) qui après avoir relevé le défit de tourner avec des calmars géants, a accepté celui de faire grimper un cheval sur un toit. C’est fait, et bien fait. La bande son mérite également une attention particulière, reprenant pas mal de grand thèmes de « vieux » Westerns, et s’achevant sur une chevauchée héroïque des plus ad-hoc.


Bref, on passe une sacrément bonne soirée au fond de son fauteuil, et pour ma part, connaissant le soin apporté aux « Pirates » 2 et 3, j’attends impatiemment les prochains Lone Ranger.
Sur ce, je vous laisse. Je dois dire à Demoiselle d’arrêter ses pitreries et de descendre de son arbre… Mais moi, j’dis ça, j’dis rien.