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Robin des Bois : la véritable histoire

Parce qu’on ne sait pas toujours tout sur les héros légendaires, et parce que j’ai voulu approfondir ma culture générale sur le sujet (aussi parce que mes trolls sont partis en vacances sans moi et qu’il y a longtemps que je ne me suis pas enfermée dans une salle obscure), je suis allée voir « La véritable Histoire de Robin des Bois ».

Avec un S, car il y en a plusieurs.

Je n’étais pourtant pas trop d’humeur, ayant par dépit choisi cette salle faute que le thriller initialement retenu soit joué à cet heure là (inconvénient d’habiter loin du cinéma…). J’avais prévu quand même d’aller le voir, probablement en second choix après une nuit des Avengers (mardi soir !!!…) ou en soirée-dépannage « au-secours-ya-rien-ce-soir-à-la-télé ».

Pas d’humeur, disais-je.

Et pourtant, je me suis marrée de bout en bout.

Pas une réplique qui ne fleure bon le second degré, qui ne soit pas un clin d’oeil à l’actualité, qui ne soit pas honteusement lâche mais délicieusement fourbe. Que du bonheur, du début à la fin.

Le tout accompagné d’une bande son que j’ai adorée, bien moderne à souhait, d’un jargon des plus banlieusard (petite réserve d’ailleurs sur la mention « tout public » que je limiterai, pour ma part, aux plus de 10 ans…), et de paradoxes bien trempés. Du médiévo-moderne, quoi.

Quant aux « guests » qui jaillissent çà et là juste à propos pour ajouter ce petit plus qui fait que le scénario a tout bon et donner la réplique fugace à des comédiens tellement bien dans leurs chausses (un Gérard Darmon en auto-dérision tip-top notamment !),  je ne peux pas vous en parler. Ce serait gâcher la surprise…

C’est simple, moi, ils m’ont replongée en plein « Astérix et Cléopâtre », et j’en ai ri de nouveau pendant tout le trajet retour (avantage d’habiter loin du cinéma). C’est dire…

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien…

Pourquoi j’ai pas mangé mon père

On se l’était vue, cette bande annonce, et on s’était promis de ne pas le rater, le film. Avec Jamel Debbouze aux commandes et un thème plutôt original, ça promettait d’être un bon moment.

Limités en déplacements sur un périmètre restreint pour cause de poulinage imminent, tronqués d’une partie de la troupe Irunaguienne pour Pyjama party interdite aux plus de 8 ans, mais forte de mon troll ainé très au fait de la vie de l’homme de Neandertal depuis son passage aux grottes d’Oxocelhaya, nous avons ostensiblement snobé la foire au jambon pour nous poser, le temps d’un scénario, dans l’apaisante obscurité d’une avant-première.

Si mon troll s’est montré particulièrement réceptif aux pointes d’humour parfois un peu rase-motte de ces habitants des frondaisons, moi je suis quand même restée sur ma faim. Il faut dire que depuis le superbissime « Asterix et Cléopâtre » qui me vaut encore de sacrés fous-rires quand je me remonte le moral en me ressourçant d’un peu de Chabatitude, j’attendais un retour sur le devant de la scène du petit bonhomme qui réconcilierait la terre entière avec les zupards (zupistes ? Zupiens ?… bref, les habitants des ZUPs) et est, à mes yeux en tous cas, d’une drôlerie sans limite.

Là, on s’amuse, certes. Quelques clins d’oeil de société (comme l’arrivée de roms dans le village « homo-presque-sapiens »), et quelques raccourcis bien arrangeants confèrent au film un côté à la fois absurde et parodique qui lui va plutôt bien, et çà et là des visages reconnaissables, mimiques et expressions à l’appui, font revivre sous les traits d’un singe, ou de deux…, un de Funès qui nous ressort très à-propos l’une de ses réplique les plus célèbres.

Pourtant, quelques bons rires mis à part, la sauce n’a pas pris en ce qui me concerne. C’est dommage. Il y avait là de quoi scotcher petits et moins petits, d’autant que la 3D, ponctuellement valorisante, n’a pas apporté de réelle plus-value à mes yeux.

Mes vieilles lunettes rayées y sont peut-être pour quelque chose, qui sait ?

Julien, lui, a adoré.

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien…

Shaun le Mouton

On aurait pu penser qu’avoir eu droit aux 2 x 20 épisodes des saisons 1 et 2 aurait tempéré mes ardeurs à l’annonce de la sortie DU film.

Que nenni !

Shaun le mouton, outre ma considération sans bornes pour la créativité qui fait d’un troupeau de moutons, d’un chien et d’un fermier bigleux en pâte à modeler de quoi tenir en haleine toute une maisonnée, a également les faveurs de mon humour parfois un peu décalé, je l’admets. Donc c’est en grandes pompes et à l’occasion d’une sortie familiale comme mes trolls et moi savons les faire que nous sommes allés profiter de l’avant-première de Shaun, le film.

Certaine trilingue (c’est dire si elle était mauvaise langue !!!) du bureau avait décrié mon choix, préférant sans doute aller bailler devant un Bob l’Éponge plus visqueux que l’original, ou encore se replonger dans une Maya l’Abeille qui aurait mieux fait d’attendre les beaux jours pour sortir de sa ruche. Libre à chacun de préférer passer et repasser la Reine des Neiges et son vibrato épuisant (elles se reconnaîtront…).

Mais comme ma maman l’avait déjà fait remarquer à ma maîtresse de maternelle « par l’amour propre, on obtient beaucoup plus », aussi ne dérogeant pas à cette sacro-sainte règle génétique, je me suis drapée dans mon amour-propre un chouya froissé, et on y est allé.

Règle n°1 : repérer les toilettes, parce qu’avec une trollette en urgence, et dans le noir, c’est moins facile.
Règle n°2 : persuader le plus grand des trolls que, non, ce n’est pas parce qu’on a déjà vu les 40 épisodes des DVD qu’on vient en revoir une version longue les enchaînant bout à bout. Le film relate une autre histoire, mais qui dure 1h40 au lieu de 12mn.
Règle n°3 : Essayer d’oublier que c’est l’heure de la digestion et garder les yeux ouverts en attendant le début du film.

Ce check de départ fut indispensable, et nous voilà parés.

Dès les premières secondes du film, le ton est donné, aussi bien pour les familiers de l’humour « shaunesque » que pour les néophytes. On reste parfaitement dans le ton de la série, avec des gags pour les petits, mais aussi pour les moins petits. Pour être parfaitement honnête, je ne sais pas, de moi ou de mes trolls, qui a ri le plus fort…

De nombreuses références à de grands classiques du cinéma (dont un chat Hannibal Lecter plus vrai que nature!), à de grands classiques tout court (le célébrissime passage pour piéton d’Abbey Road) et une bande son dynamique d’où sont exclus tous dialogues et laisse la part belle aux mimiques et situations cocasses, rendent les subtilités plus faciles à saisir, même à l’heure de la sieste. Le scénario se tient, les rires se suivent et ne se ressemblent pas, et la tronche des moutons donnerait presque envie d’en avoir une petite dizaine à la maison.

La morale de l’histoire ?
Un « Home sweet Home » plus vrai que nature, agrémenté d’un rien d’anthropomorphisme qui font réfléchir à son choix de vie. Par contre, les cochons, je vais éviter.

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.

Kingsman

Je demandais à le voir depuis quelque temps, ce Kingsman. Rien que pour voir ce que donnait Colin Firth dans un film comique autre qu’un BridgetJone’s.

Il me fallait un film dynamique, pour me garder bien éveillée, et avec quelques traits d’esprit pour la nourriture de l’âme. Qu’à cela ne tienne : l’humour britannique rentre parfaitement dans mon cahier des charges.

Déjà, un film avec une telle bande son, qui commence sur Dire Straits et se termine avec Bryan Ferry, ça ne peut pas être complètement mauvais, moi je dis. Çà et là quelques rappels musicaux de grands classiques référents, et le tour est joué.

On y ajoute un casting terriblement bien ficelé avec un vilain-méchant (Samuel L. Jackson) qui a le cheveu sur la langue du Père Siffleur, un gentil soooooo british (Colin Firth) qui ne se départit de son flegme que pour mieux zigouiller les méchants, un chti nouveau gentil (Taron Egerton) en banlieusard paumé qui trouve sa place au milieu de tout ça, et on a un cocktail terriblement explosif qui vous saute à la figure comme une tâche sur une cravate. Et on en redemande.

Chapeau bas à la chorégraphie des scènes de combats particulièrement réussies, qui démontrent au passage qu’Oscar Pistorius peut aller se rhabiller.

Quelques passages un peu gores sont à regarder dans un second degré le plus absolu, mais je l’avoue, ont fait rire aux larmes la mauvaise croyante que je suis.

Cette permanente autodérision, des déclinaisons de tweed tous azimuts, quelques détails dans les décors qui accrochent le regard, et des répliques qui font mouche également ont achevé de me convaincre de ne surtout, surtout pas manquer le prochain opus…

Réaliser un grand écart facial n’est pas à la portée de n’importe quel Jean-Claude van Damme venu. Et pourtant, s’il est un exercice superbement réussi par Kingsman, c’est bien celui-là. Parvenir à combiner dans la plus grande confusion des genres James Bond et Austin Power paraissait pourtant infaisable !
Je ne peux guère en dire plus. Après, il faudrait que je vous tue.

Allez-y, ça regonfle.
M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien…

La famille Bélier

Moi, Sardou, ça me fait remonter des souvenirs vieux, très très vieux. Je suis à genoux devant une platine 33 tours, ma mamie dans la cuisine, les cigales qui se donnent à fond dehors pour essayer de couvrir les vocalises du beau brun qu’il y a sur la pochette de l’album.

J’ai l’âge qu’a ma fille aujourd’hui, et je suis loin d’avoir rencontrés Brad, Mel, Keanu, et tous les autres qui hanteront mes rêves plus tard. Pour le moment, mon héro, c’est Michel. Il est beau, il est célèbre, et il a le même accent que ma mamie. Le top, quoi.

Alors quand j’ai appris qu’une midinette à trois sous allait reprendre le « Je vole » sur lequel j’ai versé moultes larmes sans en comprendre la moitié du message, là, je me suis révoltée.
JA-MAIS je n’irai voir ce truc.

Je suis donc entrée en hibernation cinématesque. Bon, ok, j’ai aussi un peu beaucoup été débordée par mon emploi du temps de ministre qui n’a plus laissé de place à une chtite séance de rien du tout.

Jusqu’à ce soir.
Ce soir, j’avais envie de sortir.
Et comme le choix était très limité sur mon créneau-horaire, j’ai cédé au chant des sirènes et suis allée me poser pour entendre bêler la blondinette de la famille Bélier.

Qu’est-ce que j’ai bien fait !

Non seulement cette Louanne mérite amplement le détour pour ses capacités vocales, mais on découvre, étonné, un scénario touchant et juste, qui met en avant les paradoxes de la vie de famille et ses injustices, démontre si besoin était qu’un bon acteur fait passer ses sentiments à travers tout son corps et pas seulement dans sa voix, et que je ne suis pas la seule à m’affubler de ces immondes combinaisons zippées vertes pour aller mettre les pieds dans le fumier.

Bref, on est cloué au fauteuil.

C’est beau, c’est juste, et ça a le mérite de faire sourire. On prend du recul sur nos petites difficultés, et on finit par entendre tout ce qu’on zappe au quotidien, du chant des oiseaux au bruit de l’herbe qui pousse. On apprécie.

Moi, je prends le pari que, sous peu, une adaptation « à l’américaine » va sortir de terre. Un truc genre « the Buffalo family » : une famille de non-voyants (parce que sourds, c’est moins vendeur Outre-Atlantique) qui découvre que le fils est un prodige de la peinture grâce à un ex-entraîneur de foot américain pasteur presbytérien de la communauté. Le schéma classique, quoi.

Alors sur le trajet retour,  avant de retourner enfiler ma combinaison immonde zippée verte pour aller nourrir mes velus, je me suis écouté le Best Of Michel Sardou.

La totale, du Curé jusqu’au France, sans zapper Broadway ni J’accuse. On aurait dit un fait exprès : quand les dernières notes de Je Vole se sont éteintes, je venais d’aterrir juste devant chez moi.

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.

Stardust, le mystère de l’étoile

Oui, je sais… Je suis restée un bon moment sans me manifester…

La faute à pas d’excuse, car moi aussi, ça m’éclate de commenter les films que je vois, et j’ai été la première à m’ennuyer de mon silence.

Alors en cette St Valentin, point de Grey ou de nuances de quoi que ce soit. Mes monstres sont avec moi, Brad Pitt encore trop occupé avec cette pétasse d’Angelina pour se soucier de qui que ce soit d’autre, alors j’ai sorti l’arme ultime des après-midis pluvieux en famille : Stardust.

Perso, je n’ai découvert ce petit bijou de comédie romantique au second degré affuté comme une lame de Wolverine qu’à l’occasion d’une promo chez l’hyper qui optimisme un max en ce moment, et qui distribuait (il y a déjà quelques poussières d’années de ça, mais encore ce matin, j’ai vérifié) ce gentil chef d’oeuvre.

Vous l’aurez compris, j’ai beau l’avoir vu, revu, re-revu encore et encore : j’adore.

Non seulement on se trouve face à un vrai film « tous publics » qui manie très habilement le second degré pour que grands et petits y trouvent leur compte, mais la trame super-originale et l’approche fantastique, associés à une distribution pleine d’auto-dérision qui clouera le bec aux plus dubitatifs des critiques (Robert de Niro, Michelle Pfeiffer, Claire Danes, Sienna Miller, Rupert Everett, Jason Flemyng, Peter O’Toole, Henry Cavill…) ont littéralement conquis non seulement mon cœur fleur bleue, mais également celui de mes deux monstres en culotte courte, et de tous les moins de 80 ans auxquels je l’ai fait découvrir. Si si si. Même mon ex-mari avait adoré. C’est dire.

C’est à croire pourtant que ce film a été oublié dans les récompenses et autres débats, parce que moi, perso, je n’en avais jamais entendu parler avant de l’acheter en tête de gondole « tout à 5€ »…

Alors parce que le romantisme, ça s’apprend,
Parce que l’humour et la dérision, c’est toujours bon à prendre,
Parce que les belles histoires, ça ne fait pas rêver que les petits,
Parce que c’est bon aussi parfois de se laisser porter par un scénario sans guerre ni robots,
Et parce que vous allez adorer, c’est sûr,

J’aurai tendance à vous conseiller de faire comme moi et d’aller en vitesse en mettre un exemplaire dans votre DVDthèque.

Un petit vaccin de rappel de temps en temps, ça fait du bien.
M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.

Les pingouins de Madagascar

Il est de ces WE où l’envie vous prend d’être gentil.

Peut-être parce qu’autour de vous quelqu’un a fait mouche et vous a fait passer le relais. Peut-être un effet des astres….

Toujours est-il qu’après avoir constaté à 1h du matin en rentrant d’un repas tardif que mes trolls avaient œuvré à ma place et me permettaient ainsi de gagner 30mn de sommeil, puis le lendemain avoir été « assaillie » sur le parking du supermarché local par deux messieurs en mal de m’offrir les bons de réductions qu’ils venaient de recevoir pour leurs achats (« Vous achèterez des chocolats à la petite, Madame ! »), me voilà bien décidée à renvoyer l’ascenseur.

Par temps de pluie, et pour viser des trolls tranche 7/9 ans, une solution radicale : le cinéma.

Ça tombait bien : l’avant-première des « Pingouins de Madagascar » était programmée sur Bayonne. Autant dire que les chambres furent rangées en deux coups de cuillère à pot, le repas dominical expédié en trois coups de fourchette, et nous voici en rangs serrés alignés rang 12 (« bien au milieu, hein, maman ! ») au milieu d’une foule de parents accompagnateurs de laminaks tranche 7/9 ans.

Certes, on est loin des fous-rires déclenchés par les Minions du MM&M2, mais on tient là un vrai bon moment familial, ou alternent quiproquos et situations cocasses, et dont les héros bicolores se voient donner la réplique par une version « toons » des Avengers et du S.H.I.E.L.D. du meilleur effet. Tom Cruise est également rhabillé pour l’hiver avec un remake de la scène culte de son « Edge of Tommorrow », et les méchants de James Bond ont également été légèrement relookés. Quant aux inconditionnels de « la Marche de l’Empereur », ils vont enfin voir l’envers du décor.

Mais je n’en dis pas plus sinon je devrai vous tuer après.

Il y en a pour tous les âges. Les minis-vous y trouveront moult moments hilarants, et vos petits esprits perspicaces feront facilement le lien avec pas mal de blockbusters de 2013/2014 qui prennent soudain une dimension bien moins dramatique.

Au final, on se régale.

J’ai même capté en sortant une remarque faite par un monsieur qui attendait sa séance dans le hall « je ne sais pas ce qu’ils viennent de voir, tous ces gens, mais vu leurs sourires radieux il faudra qu’on y aille nous aussi ».

Il a raison : allez-y.
M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.

Les héritiers

On a tous un prof qui nous a marqué, d’une manière ou d’une autre. Il y en a toujours un pour sortir du lot et vous avoir poussé vers l’avant, propulsé hors de la médiocre moyenne dans laquelle vous végétiez. Moi, c’était Mme Lebras, prof de français-latin.

Elle avait compris, Mme Lebras. Elle avait vu que l’écrit serait pour moi un exutoire. Elle m’a poussé dans ce domaine de toutes ses forces, m’encourageant à lire, écrire, m’apprenant à jouer des mots comme Bixente apprend à mon fils à jouer de la trompette (le résultat de mes premiers écrits étant au demeurant beaucoup moins cacophoniques que ses premiers morceaux…). Elle savait. Moi, je ne l’ai compris que beaucoup plus tard.

Les Héritiers, c’est un peu un conte moderne. Celui d’un professeur de banlieue « prioritaire » qui croit dans ses élèves et leur apprend à croire en eux-mêmes. A me relire, j’ai l’impression de parler de la série des années 80 « Pause Café »… Et si j’en crois la moyenne d’âge dans la salle, je n’étais pas la seule à pouvoir y faire référence.
Et pourtant, on en est loin.

Une immersion complète en lycée de banlieue, une classe de têtes à claques plus champions les uns que les autres au concours d’intolérance, et une prof toute douce, toute gentille, qui se fait son chemin, et le leur, au milieu de ces presque sauvages.

Oui, j’entends d’ici certains revendiquer le Devoir de Mémoire qui transparaît du film, la dureté de la Shoa, l’acceptation de son prochain, tout ça tout ça.

Pour moi, ce film va beaucoup plus loin que ça. Il montre que dans la haine, il n’y a pas de limites. Que tant qu’on déteste les autres, on ne peut pas s’apprécier soi-même.

Il est dur. Il est tranchant. Il est émouvant. Il montre la rencontre d’ados brutasses avec un mur de haine comme ils ne pensaient jamais pouvoir rencontrer. L’effet tsunami de l’holocauste leur remet les idées en place.

Au moins sur ce terrain là, le peintre moustachu aura fait une bonne action…

Ce que l’histoire ne dit pas, c’est que le jeune acteur qui joue Malik dans le film est co-scénariste, et est également acteur de son propre rôle. Ce qu’elle tait aussi, c’est que la plupart des scènes de classe ont été tournées en improvisation totale pour les jeunes acteurs. Ce que l’on ignore enfin, c’est que la rencontre avec Léon Zygel a été tournée d’un seul tenant, sans que les jeunes comédiens ne soient dirigés, et sans aucune trame si ce n’est la narration de l’ancien déporté.

Ce que l’histoire révèle en fait, c’est énormément d’émotions. Des sourires, mais aussi quelques larmes. Une dramédie en fait…

Un joli petit moment, de ces perles que le cinéma français sait nous produire de temps en temps, par accident. Presque un documentaire à diffuser dans les lycées.

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.

Astérix et le Domaine des Dieux

Bon, déjà, Asterix, moi, j’ai grandi avec.

J’ai même fait partie de cette poignée d’irréductibles qui ont crié au sacrilège quand le scénario des BD a été galvaudé repris.

Mis à part l’essai parfaitement réussi de Chabat, j’ai été super déçue par les adaptations suivantes.

Alors cet opus-ci, bien que vanté par certaines de mes nouvelles collègues envoyées en éclaireuses, je l’attendais de pied ferme.

Ajoutons à ce cocktail déjà bien amorcé la patte d’Alexandre Astier, mon Dieu et Maître, et ça ne pouvait qu’exploser.

Boum.

J’ai passé 1h25 hilare, à ne plus savoir où donner de l’oreille sur les répliques, de l’oeil pour les faciès connus et reconnus, et de l’imagination pour mon jeu préféré « mais-c’est-qui-donc-qui-a-prêté-sa-voix ? ».

Et déjà rien que sur ce terrain-là, je salue le casting, particulièrement juste et ciblé qui couvre parfaitement de bout en bout l’oeuvre d’Uderzo et Goscinny, en réintégrant pour l’occasion Chabat (mon Dieu et Maître n°2 !) ainsi qu’une grande partie de l’équipe de Kaamelot dont on reconnaît les timbres jusqu’à la toute dernière réplique.

Mes trolls, pliés en deux de part et d’autre de mon fauteuil, se dépliaient de temps en temps pour vérifier que j’avais bien repris mon souffle, puis repartaient de plus belle.

Baladée entre le Seigneur des Anneaux et le combat final des Avengers, immergée en plein conflit social et méthodes de management participatif (moi qui en suis à la page 120 du livre confié par mon boss sur le sujet…), et replongée dans un magnifique flash back de « Deux heures moins le quart avant Jésus Christ » agrémenté du jingle de France Inter, j’ai été comblée. Que dire du petit clin d’oeil à l’opus de Chabat avec la bande son qui reprend elle aussi son titre fleur bleue ritalisant « Sara perque ti amo » qui fit battre la semelle à une salle de 325 personnes ?

Bref, vous l’aurez compris, je cautionne. Un max. Sans réserve.

Les créateurs originels annonçaient leur BD couvrant les besoin culturo-hilarants des 7 à 77 ans. Je confirme.

Quant à Julien qui m’a demandé de lui commencer la collection des BD pour Noël, une fois n’est pas coutume, je vais libérer une étagère de mes polars et répondre à sa demande. Et comme en plus je suis une maman dévouée, je les relirai avec lui. Si si. Je le ferai. Ça lui fera tellement plaisir.

Pour ce qui est de mon énième coup de cœur pour Alexandre Astier, oserai-je dire qu’il met la barre très très haut en matière de second degré et de dérision ? En ce qui me concerne, il vient de valider sans fausse note son « après Kaamelot ». Et moi, un humour pareil, un tel talent, ça me fait vibrer (Alexaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaandre!!!!!!).

Mes prétendants vont devoir s’accrocher. Il faudra au moins le physique de Thor pour détrôner un tel trait d’esprit. Courage messieurs. La salle de gym, c’est en bas à droite.

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.

Lou

C’est clairement le genre de film qui passe ou qui casse.

Pour moi, ça a cassé…

La faute sans doute à ma méconnaissance de la BD d’origine, ou à mon besoin irrépressible de savoir quel fil je dois suivre dans un scénario.

Là, de fil, point.

On suit une trame qui nous présente, passant d’une approche narrative à une autre plus scénique, les différents personnages sans jamais vraiment entrer dans leur univers. Un mix de Jacques Tati et de Woody Allen qui nous oblige à un grand écart cérébral pour suivre le tant soit peu de poésie que l’on parvient à extirper de cet embrouillamini d’éléments. Un peu comme l’appartement de Lou, qui ressemble étrangement je dois l’avouer à mon intérieur fouillis et désorganisé.

Ajoutez à ça un scénario qui ne permet pas aux jeunes interprètes de nous révéler toute leur puissance d’acteurs avec des répliques trop littéraires pour être crédibles. Après, c’est quand même une adaptation de BD, hein. Il part déjà avec un sacré handicap, ce film !

Bref (sans mauvais jeu de mot), c’est décevant.

Petite accroche sur les interprétations de Nathalie Baye, méconnaissable en vieille ronchon odieuse, et de Lily Taïeb en copine gothique particulièrement réussie. Et une mention spéciale aux décorateurs qui ont réussi à retrouver tout ce qui a bercé mes années 80, voire même des voitures tellement bizarroïdes que je n’en ai jamais vu comme ça dans la rue. Là, pour le coup, l’univers BD était parfaitement transposé, et c’est même sans doute le seul point fort du film, si l’on exclu le fait que, pour une fois, on n’est pas assailllis de toutes parts par des objets marketing.

Pour le reste, Lou, bof. J’aurai eu la télécommande, je crois bien que j’aurai zappé.

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.