Archives de catégorie : Comédie

Le Grand Bain

Une fois n’est pas coutume, c’est au détour d’un réseau social que je suis tombée sur la bande annonce de ce film plus que français dont l’affiche à elle seule est un tue l’amour garanti. Bonnet sur la tête, maillot moule-attributs, poils aux genoux et bourrelet en avant, nos héros sont loin de mettre en appétit.
Long est encore le chemin qui nous mènera à Aquaman…
Mais l’acidité des répliques et la justesse de l’ensemble donnent le ton et motivent à aller plus loin dans le plongeon. Alors, même sans Jason Momoa, on plonge.

Parce qu’on nous ressasse non stop qu’un rond ne peut pas rentrer dans un carré, mais qu’on a tous au moins une fois quand même essayé de prouver le contraire, on se sentira concerné par l’intro un peu décalée et pas forcément compréhensible de ce film qui avait sans doute bien besoin de ça pour se faire accepter sur le tapis rouge de Cannes par les critiques intellos et autres jet-setters de la Riviera.

Ceci dit, le casting soufflant et à contre-courant vous aide à surnager sur un scénario qui parfois tarde à reprendre son souffle. On se laisse quand même emporter par une bande son assez bien ficelée et une distribution particulièrement bien réfléchie, et on se retrouve  un peu dans ces vies banales que l’on voudrait laisser paraître toujours plus pétillantes, et dans cette passivité qui nous positionne en victime vis à vis du reste du monde qui nous entoure. Se prendre en main et se serrer les coudes, c’est bien là le message final de cette jolie fable du XXIème siècle. Finis les Golden Boys.
Cessons de nous apitoyer sur nous même et de noyer nos malheurs dans la pharmacopée à la mode. Je prends le grand plongeoir. Celui qui fait peur. Et je me la pète Esther Williams avec un maillot à paillettes. The show must go on. (Et Aquaman n’est plus très loin finalement…)

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien…

Ocean’s 8

J’avais besoin, après un mois entier à discuter du sexe de Oui-Oui (« Comment maman ?!!! Oui-Oui n’est pas une fille ?!… »), de qui, de l’éléphant ou de l’hippopotame, est le plus fort, ou encore de pourquoi les nuages d’orages sont-ils gris foncé, d’aller me perdre un peu dans une histoire 100% mauvaises filles, absolument immorales et parfaitement superbes.

Et qu’est-ce que ça fait du bien !

Alors, certes, on nous appuie bien fortement quelques sous-entendus pour être bien certains que l’on a bien compris que le frère dont on nous parle est bel et bien celui auquel on pense, le fameux « What else ?! » et aucun autre, histoire que l’on ne soit pas complètement larguée dans l’histoire et que l’on comprenne bien que ce scénario, tout comme les trois précédents, sera bien alambiqué à souhaits, plein de tiroirs et de bidouillages que même en essayant de les deviner, on n’en anticipe pas la moitié…

Alors on s’accroche, on se prête au jeu, on essaye de lire entre les lignes, on regrette le gout un peu trop prononcé de Sandra Bullock pour le botox, on s’étonne de la pertinence du casting tellement juste et ciblé, on admire le détachement de Rihanna qui a sans doute tiré des leçons de sa précédente expérience cinématographique auprès de Besson pour mettre de l’eau dans son vin et revoir son ego à la baisse, et on se laisse finalement porter par un film particulièrement bien ficelé, qui assure une relève pas facile à garantir mais néanmoins bien amorcée.  Et on se régale.

L’alchimie et les dialogues ne sont pas encore à la hauteur des opus masculins, mais on se trouve au final avec une vraie comédie efficace et dynamique, qui ne demande qu’à présenter sa version suivante.
Et moi, j’achète.

M’enfin, moi, j’dis ça, j’dis rien.

Love, Simon

Il est parfois des bruits qui vous frôlent et parviennent à vous toucher, d’une manière ou d’une autre. Aussi solide que l’on soit, on peut se laisser influencer par la réputation d’un film, ou plus simplement en avoir marre de passer d’une chaîne à une autre pour s’entendre ressasser les mêmes analyses métaphysiques du pourquoi de jeu (ou du non-jeu) de l’équipe nationale d’un obscur ou moins obscur pays la veille au fin fond de la Russie. Bref, il fait parfois bon de se laisser un peu porter par la rumeur, et d’aller voir un film juste parce que « on en a dit du bien » et qu’on veut voir « en vrai » ce qu’il en est.

Certes, là, on est dans la tranche « film pour ados », limite « jeunes parents » qui n’ont pas trouvé dans le Dolto comment faire face à un coming out éventuel de leur futur progéniture, mais j’ai pour ma part trouvée l’expérience intéressante. Petite cure de jouvence (à peine…) bienvenue, et malgré quelques clichés très arrêtés à l’Américaine, on passe un petit moment gentillet et divertissant, un rien décalé, juste ce qu’il faut pour sortir de là avec le sourire en coin et une furieuse envie de tendresse.

A mon avis, quelques parents auraient bien fait de s’inspirer de cette histoire publiée en 2012 (Becky AlbertalliMoi, Simon, 16 ans, Homo sapiens) avant de voler dans les plumes de leurs bambins LGBT. Un peu idéaliste cependant, je crains que nos ados et jeunes adultes dans le doute sur leur sexualité ne trouvent pas forcément « dans la vraie vie » l’accueil spontanément bienveillant que le film leur promet.

Ce serait peut-être bien quand même un jour de faire un vrai film sur la vraie vie des vrais LGBT. Parce que moi, ceux que je connais bien, c’est pas comme ça que leur coming out s’est passé. Et eux, il leur a fallu pas mal de temps et beaucoup de courage pour pouvoir le vivre ouvertement. Messieurs les réalisateurs, à bon entendeur…

Mais moi, j’dis ça, j’dis rien.

Braquage à l’ancienne

J’avais besoin d’un peu de douceur dans ce monde de brutes, d’un petit moment tranquille pour grignoter des bonbons en cachette dans le noir d’une salle en profitant d’un horaire où le cinéma serait suffisamment plein de vide pour que je puisse retirer mes chaussures et poser mes pieds sur le siège de devant. Alors j’ai profité d’une accalmie dans mon planning de WonderWoman, et je me suis voté 1h36 de détente.

Les critiques étaient dithyrambiques, annonçant « fraîcheur », « détente », et « pur bonheur ». Je me suis donc installée pleine d’espoir. Certes, j’ai passé un bon moment, piochant régulièrement dans mon sachet de Cahouettes au chocolat.

Mais pour autant, si Morgan Freeman, Mickaël Caine et Alan Arkin font de leur mieux pour apporter leur vieille jeunesse à un scénario cousu de fil blanc, on reste quand même un peu sur sa faim faute de grande originalité dans la trame du film. On est loin des promesses annoncées. Peu de rebondissements, suspens quasi-inexistant, et mis à part un peu d’humanité dans les relations entre les personnages, pas de grande surprise dans l’histoire.

On a là un bon film pour un soir de semaine, mais pas franchement un choix cornélien en cas d’hésitation entre deux salles.
M’enfin  moi, j’dis ça, j’dis rien.

La la Land

Quand ma copine Lulu m’a dit attendre avec impatience de lire mon avis sur LE film qui l’a retournée cette semaine, je ne pouvais pas la décevoir.

Media et bouche à oreille se sont chargé d’achever de pousser jusqu’à ma colline une aura de génie et de romance dans le sillage de La la Land, alors j’ai (presque) foncé.

Je dis presque parce qu’un faux départ motivé par un 39°5 transpirant m’a clouée au lit ce WE, alors qu’après avoir traversé sans encombre la piélo de la trollette, puis sa gastro, l’angine du troll, et les deux ormeaux qui se sont fracassé à côté de la maison il y a huit jours, j’avais tout prévu tout comme il faut pour aller samedi matin me régaler en salle sombre. Compte-tenu de mon peu de vaillance, la partie fut remise, et après avoir refait surface dans le vrai monde avec une tête de cadavre, j’ai bloqué ma soirée pour la passer avec Ryan Gosling.

Couleurs acidulées, challenges chorégraphiques et chansonnettes bien placées (avec de vrais artistes qui savent tout faire, du clavier au contre-ut en passant par quelques entrechats…), on plonge dans le Hollywood de tous les rêves, avec quelques flashbacks de West Side Story, de faux airs d’Audrey Hepburn par ci, un foulard façon Grace Kelly par là, avec des colocs « fauchées » qui mènent grand train et quelques voitures vintage qui viennent tirer la nique aux dernières Lexus électriques. On entre en immersion volontaire dans un monde aseptisé et lisse qui n’a rien à envier aux musicals des années 50.

Et c’est plutôt bien fait. On se laisse porter par le scénario classique mais bien amené, qui jalonne une romance mignonne tout plein, on découvre avec joie les talents aux claquettes d’un duo qui prend plutôt bien, et si on aime tant soit peu le jazz, on en prend plein les oreilles pendant plus de deux heures.

Pourtant, il faut que je fasse un aveu.
J’aime pas le jazz.
Mais vraiment pas.

Je n’ai jamais pu blairer les « pabediwhaboudoudadidedam », ni même scander un rythme jazzy avec enthousiasme. Je n’ai cillé à la mort d’Al Jarreau que parce que son nom me rappelait vaguement quelque chose, mais c’est une vidéo postée sur les réseaux sociaux qui a éclairé ma lanterne hier. Je trouve du génie dans la capacité qu’ont les jazzmen d’improviser avec autant de brio, mais je suis incapable d’en apprécier l’harmonie.

Oh, je sais. J’entends d’ici les huées de la foule. Comment puis-je dire une chose pareille quand la terre entière  clame  au triomphe absolu ?!
Et pourtant…
Alors non, je ne ferais pas partie de ceux qui crient au miracle ni au film de la décennie.  La bande son ne me laissera pas un souvenir impérissable. En revanche, le film m’a donné une furieuse envie de passer une soirée avec mes trolls devant « Un Américain à Paris », « Vacances Romaines », ou encore « My fair Lady ». Et puis je vais me mettre au foulard. C’est classe, le foulard.

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.

Trolls

Rien que pour le titre, il fallait que je le voie.
C’est pourtant la couleur qui a achevé de me convaincre. Une explosion d’arcs-en-ciel, de paillettes, de tonalités acidulées qui a éclairé notre soirée, aux trolls irunaguiens et à moi-même.

Et non contents de nous  amener un vrai et durable sourire aux lèvres, ces petits personnages bondissants ont réussi à nous entraîner dans leur rythme endiablé via une bande son absolument géniale.

Franchement, même si il n’y a pas grand chose à en dire faute de scénario vraiment original, je tire mon chapeau à la qualité d’images, qui a apporté juste assez de poésie pour que mes trolls à moi filent se laver les dents sans rechigner (la menace de se retrouver avec des dents de Bergens est redoutablement efficace), et en fredonnant « Earth, Wind and Fire ». Avec ses béquilles, c’était moins évident pour ma trollette de se trémousser…

Au final, une gentille et réjouissante soirée familiale, des trolls (les miens) ravis, et une folle envie de danser pour tout le monde. J’ai comme l’impression qu’on va remettre ça dans pas longtemps. L’aura « La la la Land » sans doute…

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.

Ant Man

C’est vrai quand même que le nom ne fait pas rêver.

Le concept non plus d’ailleurs… Un bonhomme minuscule qui chevauche une fourmi ailée ?… Mis à part me faire hésiter la prochaine fois que je mets un coup de bombe insecticide dans la maison, je ne voyais guère comment les studios Disney pourraient surenchérir sur les derniers Avengers. D’autant que je m’étais enquillé hier avec délice les 8 épisodes de « Agent Carter » qui ont assuré, sans que je ne l’ai prévu, une transition parfaite avec le tout début du film…

Même si d’aucuns pervers psychopathes s’étaient amusés au bureau cet après-midi à me culpabiliser de profiter de l’absence de mes trolls pour aller me la couler douce dans une salle climatisée, je fus subtilement inspirée de le faire quand même si j’en crois le petit nombre de spectateurs me permettant de choisir tout à mon aise LE siège central de l’allée presque centrale de la salle n°7, sans avoir à lutter de vitesse avec Bixente Goyenetche et ses copains de vacances, ou Mme Etcheverry et ses 4 bambins.

Il paraît que Stan Lee a attendu plus de 20 ans pour faire ce film (juste à temps d’ailleurs, parce que Michaël Douglas, bien qu’un peu rassis, est parfaitement à sa place d’ancien super-héro). D’un autre côté, à 130 millions de dollars le film, moi aussi j’aurai un peu attendu, histoire d’être bien certaine que les Marvels aient leur place dans les salles de cinémas et ne pas griller toutes mes économies d’un coup.

Même si le début, un peu long en baratins de tous genres (faut bien poser l’intrigue après tout), ne devrait pas tenir en haleine les moins de 10 ans, les choses ne tardent pas à se corser dans l’action, et ce fut pour mon plus grand bonheur.

Outre en prendre plein la vue avec une 3D plutôt bien maîtrisée, une bande son bien rock comme on aime depuis les Iron Man, et des piques d’humour à ne plus savoir où donner de la tête, on en a pour son argent.

C’est simple, je me suis tout simplement bien marrée.

A mon sens un cran au-dessus des Gardiens de la Galaxie pour ce qui est du second degré, les références incessantes non seulement au monde des Avengers, mais aussi à la « vraie vie » et son cortège d’objets du quotidien, nous portent d’un éclat de rire à un autre.

Ah oui, et puis on voit quand même qu’à 46 ans, un bon régime et quelques exercices peuvent encore, messieurs, avoir un effet positif sur vos pectoraux. En tous cas, ceux de Paul Rudd valent largement les 5 secondes qu’on leur consacre, 3D, ou pas 3D…

La suite, annoncée à grand renfort d’œillades appuyées, nous donne juste envie d’accélérer un peu les choses.

Et même si l’omniprésence actuelle des Marvels sur les écrans peut prêter à saturation, je trouve impressionnant que les producteurs aient à ce point harmonisé leurs choix financiers, et nous donnent en tir groupé des sessions entières de « séries » dont chaque épisode dure au moins 120mn…

Effet de mode, sans doute. Mais pour une fois, moi, j’aime bien suivre la mode.

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien…

Les Minions, le Film

Il est de ces héros qui entrent dans votre vie de manière insidieuse, discrètement, et sans, à première vue, bouleverser votre quotidien.

Puis une fois en place, ils prennent de l’ampleur, s’installent plus confortablement, se mettent à l’aise. Votre entourage en ressent les premiers effets sans vraiment rien y comprendre, puis constate petit à petit un changement dans votre humeur, dans votre vocabulaire, dans votre habillement…

Et là, c’est le drame. Vous êtes addict.

Ben moi, les Minions, c’est exactement comme ça que ça m’a pris.

Au détour d’un « Moi, moche et méchant 2 », sans crier gare, après les 45 premières minutes les plus hilarantes qu’il m’ait été donné de vivre dans une salle obscure (si l’on fait exception de la fois où j’ai joué au docteur avec Jérôme Morin, en CE1, que la nature avait très chichement doté).

Mon vocabulaire à changé. Je me suis mise à clamer des « Banana !!!» tonitruants, des « Kumbahia !!! » de ralliement, et ai amené deux ou trois vendeuses de vêtements à la syncope quand je leur ai demandé ou était le rayon des salopettes en jean’s.

Mes vaillants et inaltérables fans, mes trolls, ont été les seuls à me soutenir tout au long de mon chemin de croix en attendant la sortie DU film et à accompagner mes cris de guerre de sentences toutes aussi incompréhensibles que seuls les initiés peuvent comprendre, savant mélange d’anglissismes, de noms de plats italiens, et de français.

Aujourd’hui, aboutissement de cette douloureuse patience adoucie seulement de quelques Avengers et autres Suédois bricoleur en jupette, l’avant-première !

Y’a pas à dire, le public était bien là pour passer un vrai bon moment. Que de sourires dans notre file devant la salle, alors que ceux de la file d’à côté, néo-gothiques sur le retour ou ados boutonneux en mal de sensations fortes, attendaient la mine sombre qu’on leur ouvre l’accès à « Unfriended » en s’appliquant bien soigneusement à darder un regard noir sur nos chérubins joufflus en Tshirts jaunes qui clamaient du « Banana !!! » à qui voulait les entendre. On ne la leur faisait pas : ils n’étaient pas là pour rigoler, eux.

J’étais pourtant pas très en forme, couchée tard, levée tôt, et je ne vous cache pas avoir eu quelque appréhension à l’idée de piquer un roupillon en plein cœur du film. Mais le test serait bon : si roupillon, film bidon.

Soyez donc rassurés : point de ronflement je n’émis, car point de somnolence je ne subis.

Mis dans le bain dès les première images, avec un Jingle « Universal » personnalisé et un raccourci de l’évolution des espèces qui demandera quand même une savante explication sciento-philosophique sur le chemin du retour, on est porté de bout en bout par une succession de situations et d’expressions plus hilarantes les unes que les autres, que l’on voudrait bien retenir pour en caser une ou deux autour de la machine à café demain au bureau histoire de se la péter un peu, mais que l’on oublie tellement elles se succèdent à un rythme effréné.

Le scénario, s’il n’a rien de bien original, laisse quand même la part belle à nombre de clins d’oeils bien avisés que les quarantenaires et plus sauront apprécier, et que les autres ne suivront que sous réserve de quelques révisions culturo-historiques sur les années 68.

La seule critique émise par mon grand troll « le vaisseau de la méchante, il est moche », ne risque pas de perturber beaucoup la réussite de ce petit moment de bonheur familial. De ce que j’en ai vu, les parents avisés qui avaient cru bon de doter leur progéniture de Pop-Corn modèle XL en ont été quittes pour se les ramener à la maison pour ce soir, tellement l’enchainement des fou-rires a monopolisé les bouches au détriment des règles de base de la gastronomie cinéphile.

Quant à la bande-son, c’est un pur moment d’immersion qui ne laissera pas indifférents les nostalgiques des années Woodstock (suivez mon regard…).

Bref, on s’est régalés, toutes catégories d’âges confondues.

Un vrai « tous publics » comme je les aime, ou l’on n’oublie pas de rester bien jusqu’à la fin du générique pour les scénettes bonus, et qui m’ont donné une envie furieuse de suivre une formation en langage Minion pour en caser quelques morceaux choisis dans mon jargon quotidien.

Des Minions, moi aussi j’en veux. Et s’il faut pour cela devenir une vraie méchante en robe rouge qui se la pète façon Iron Man en gala, qu’à cela ne tienne ! Méchante je deviendrai.

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.

Connasse, Princesse des Coeurs

Alors là, moi, je dis « Chapeau bas ». Et sans mauvais jeu de mots envers les couvre-chefs élaborés d’une certaine Reine Mère d’outre Manche…

J’ai, comme tout le monde, commencé par être choquée par la Connasse. Puis, sournoisement, de vagues souvenirs me sont revenus à la mémoire. Des délires étudiants dans les rues de Paris, ma copine « Marie-Ginette » et sa deudeuche, le désespoir de ses parents avenue Suchet renonçant à faire de leur « Marie-Elisabeth » une jeune femme « comme il faut », les fous-rires qu’on se prenait devant l’ahurissement des passants rue du Montparnasse.. Oui, moi, la Connasse, j’ai eu le bonheur d’en cotoyer une vraie quelque temps.

Alors en revoir une à l’écran, avec le même schéma de no-limit, ça m’a fait gagner… pffffffffiou, quelques poussières d’années !

Et là, le no-limit, elle le maîtrise un max !

Certes, il n’ira jamais à Cannes, ce film.
Mais le culot, l’aplomb, le pince-sans-rire de Camille Cottin la rendent encore plus attachante quand, en générique de fin, on voit son vrai caractère.

Cette pétasse qu’on meurt d’envie de tackler de bout en bout du film, qui s’octroie le mérite de réaliser les plus tordus des délires qu’on aurait aimé avoir les tripes, nous, de faire au moins une fois avant de rejoindre le Walhalla, et qui en plus se permet de se balader avec des fesses qu’on a oublié depuis longtemps ce que ça fait d’en avoir des comme ça, elle finit par nous laisser hilares contorsionné sur notre fauteuil.

On passe crescendo d’une bravade à une autre, et on finit par en deviner la suite tout en se refusant à l’imaginer. Et pourtant.

Elle ose tout, même le plus politiquement incorrect.
Elle est odieusement inconvenante dans ses propos.
Elle évolue dans un scénario que Rémi Gaillard lui envie sans doute.
Bref, elle est terriblement efficace.

De grands intellos dont le travail consiste à juger de la pertinence d’un film diront (si si si, je l’ai lu!), sans doute vexés d’avoir du payer leur billet comme le commun des mortels, que « le film n’est qu’une suite narrative de sketches clownesques » qui est « desservi par son format ».

Ben moi, quidam, je persiste et signe et dis que je viens de passer les 80 minutes les plus drôles de ma semaine, si j’exclus la course-poursuite hier soir des vaches de mon voisin.

Certes, ce sont des sketches.
Certes, ça ne vole pas bien haut.

Mais le principe de spontanéité des réactions apporte indéniablement un petit je-ne-sais-quoi qui amène à apprécier tant la bêtise de la Connasse, que la gentillesse systématique des personnes qu’elle interpelle, plus ennuyés pour elle et son venin que pour leur propre situation…

Comme quoi, c’est à travers les yeux d’une Connasse qu’on voit que le monde est beau.

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.

Entre amis

On m’annonçait Olivier Baroux (Kad & O) à la barre, Zabou à l’écran avec Mélanie Doutey, Isabelle Gélinas, Jugnot, Auteuil, et Berléand, et une trame qui aurait pu être sympa.

On s’est tous déjà retrouvé coincés en vacances au moins une fois avec des amis boulets avec qui, finalement, le courant ne passait pas.

  • La copine qui emmène son copain sur la semaine de loc « entre filles » prévue depuis 1 an, et qui en profite pour rompre avec éclats et plomber définitivement l’ambiance pour tout le monde (été 1995)
  • Le copain dépressif qui prend votre compassion pour plus que ça et tente sa chance. (été 1997)
  • Le collègue de travail super sympa qui s’avère en fait n’être pas si sympa que ça au quotidien (été 2000)…

Bref, le scénario pouvait rappeler pas mal de choses vécues, et la distribution laissait entendre qu’on pouvait peut-être passer un bon moment.

Me suis bien plantée sur ce coup là…
On avait la musique, mais certainement pas les paroles.

Si ce n’est Zabou qui impressionne en aigrie magistrale qui donne envie de la passer par-dessus bord, le reste est d’une désespérante clichétude. Seuls les pectoraux du skipper sauvent 2 secondes durant la mise aux 90 minutes de film.

Il faut croire que tout ce qui était à voir a été mis dans la bande annonce. Alors ne perdez pas de temps, regardez la bande annonce, appelez des potes, et sortez.
Entre amis, c’est comme ça que ça se passe vraiment.

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien…