Tous les articles par Céline Bourdès

Thor : Ragnarok

Que la première qui n’a pas frémi en voyant Chris Hemsworth jouer du Mjöllnir me jette la première pierre…

Assumant  pleinement mon addiction aux apparitions « sortie de douche » du beau demi-dieu, et coupable d’y avoir fait également succomber une trollette de 10 ans,  j’ai traîné toute ma petite troupe en salle obscure, vacances  obligent, dès qu’un créneau horaire a pu de se glisser entre stage de gym et session de moto-cross.

Alors oui, nous avons adoré.

Le casting est juste soufflant, avec une Cate Blanchett impressionnante comme toujours, métamorphosée en vilaine-très très vilaine qui se bat comme un démon et jongle avec les javelots, un Anthony Hopkins ambigu à souhaits, un Tom Hiddleston retors et volage, et Jeff Goldblum, Idris Elba, Karl Urban, Benedict Crumberbatch tous plus justes les uns que les autres. Florilège de têtes d’affiches, on en prend plein les yeux.

A noter cependant que pour les oreilles, il ne faut pas se formaliser. Une bande son volontairement « manga », qui nous ramène aux fonds sonores Bontempi des Cités d’Or et autres Capitaine Flamme jusqu’au combat final, véritable chorégraphie sur fond d’un bon Led Zeppelin bien rugueux comme on les aime. L’effet est surprenant, usant d’une approche kitsch qui détonne avec le ton habituel des Marvel. On s’y prête volontiers. Un semblant de « Gardiens de la Galaxie », mais en moins bien dosé.

En revanche, le côté « gendre idéal et plein d’humour » avec des vannes à répétitions, s’il est apprécié de manière sporadique, devient lourd à l’échelle des 131 minutes de film. Trop, c’est trop. Même mes trolls ne s’y sont pas trompés. Dommage. On y perd un peu la trame de l’action.

Heureusement, comme l’a très justement souligné ma trollette : « il est pas tout nu, mais pourquoi il fait descendre son pantalon là ou on commence à deviner le haut du bas ? ». Du coup, troublante coïncidence, on voit bien tous ses abdos, et on en apprécie le tracé impeccable. Alors à défaut de focaliser sur les traits d’humour, on se concentre sur l’essentiel.

Et parce qu’il s’est sans doute donné beaucoup de mal pour avoir des carrés si parfaits, apprécions-les. Ce n’est pas du sexisme, c’est une action sociale. Si si si. Alors soyons solidaire de ses longues heures passées à soulever de la fonte, et admirons, mesdames. Admirons. Ça motivera peut-être ces messieurs…

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.

Seven Sisters

Moi, depuis Millenium, je suis une inconditionnelle de Noomi Rapace. Alors la promesse d’en avoir 7 sous les yeux pendant 124 minutes était  comme un petit Noël avant l’heure.

Une fois n’est pas coutume, la mise en route a été rapidement bouclée. Une voix off généralise le contexte social, et en deux minutes on est transporté dans un monde futuriste sombre et dictatorial. Un peu rapidement quand même. On aurait aimé s’imprégner davantage des premières années de vie des soeurs qui à elles seules valent sans conteste un film entier…

On se surprend aussi à accepter l’origine de l’intrigue (une surnatalité qui  n’est pas traitée en amont mais en aval des naissances…) sans se poser plus de questions d’éthique que ça. Le spectateur est prié de laisser sa déontologie à l’entrée de la salle.

Pourtant, une fois lancé, le scénario nous saisit et Noomi nous emporte d’une personnalité à une autre avec une aisance frisant la schizophrénie. Elle déploie là tout son talent d’actrice, tantôt fragile et effacée, tantôt garçonne au physique athlétique, voire bimbo évaporée. Ces transformations impressionnantes sont presque déstabilisantes. Toute la prouesse technique du film tient dans cette capacité à superposer 7 scènes tournées d’angles de vue différents pour permettre une cohabitation x7 à l’écran d’une seule actrice. Bluffant.

Mais là où j’ai été littéralement soufflée, c’est dans cette capacité qu’à eu notre Karen Settman à changer son mode de combat en fonction de la soeur interprétée. Si vous avez déjà essayé de jouer à la bagarre avec vos trolls, votre chien, ou tout simplement devant un miroir dans l’intimité de votre chambre (si si si, ne niez pas, on l’a tous fait !), vous aurez remarqué que même si l’on est (au choix et dans le désordre) une princesse, un chevalier, un extra-terrestre, Wonderwoman ou Jason Bourne, on est toujours des pros du combat, avec les quelques malheureux mouvements copiés sur nos vieux épisodes de Bruce Lee en VHS (et toujours les mêmes, les mouvements. Parce que faut pas exagérer, on n’est pas tous des pros du krav maga…).

Noomi, elle, elle nous sort autant de types de combativité que de soeurs. Et le pire, c’est que chacune est ultra-pertinente. Et de la combativité, il lui en a fallut un paquet. Cramponnée au fauteuil, les pieds sur le dossier de devant, j’ai passé ma soirée à me ronger les ongles, à pousser des petits cris, et à essayer de m’y retrouver dans ce dédale de jumelles. Crevant.

Bref, j’ai adoré. Une bonne petite poussée d’adrénaline comme je les aime, qui vous donnerait presque envie de vous remettre au sport. Ou en tous cas de mettre des baskets pour aller au bureau.

M’enfin moi,j’dis ça, j’dis rien.

Wonder Woman

J’ai grandi avec la série des années 70, inquiète à l’idée que mes parents tout-puissants puissent disposer de ce « lasso de la vérité », et trouvant vraiment top ce short moulantissime à souhait tout de satinade bleue et rouge. Alors quand une levée de boucliers a fait front sur le dernier Superman vs Batman malgré la fin des plus prometteuses, j’ai pris mon mal en patience et ai attendu LE film qui viendrait balayer toutes les moqueries et jalousies diverses débitées à l’époque (si si si, messieurs, j’ai lus entre vos lignes… Les pecs terrrrrrrrrrriblement convaincants de Henri Cavill vous ont terrassés de leur perfection, et puis c’est tout !).

Et le voilà.

Franchement, quand on voit qu’avec un budget « ridicule » par rapport à nombre de block busters on parvient à ce niveau de finition, moi je me dis que ça valait bien 30 ans de travaux, retouches et autres améliorations de casting…

Des décors de rêve, un scénario assez classique mais tellement bien servi par un casting impressionnant de justesse, des combats chorégraphiés au millimètre (5 mois de préparation physique pour Gal Gadot !), et au final un résultat qui vous accroche d’un générique à l’autre avec beaucoup d’à propos, il n’en a fallu pas plus pour emporter dans mes délires DCesques mes deux trolls, cramponnés eux aussi à leurs fauteuils, contorsionnés à chaque combat, et béas d’admiration pour une superbe déesse au canif acéré…

Je peux donc attester que de 9 à 47 ans, et tous genres confondus, le film trouve sans problème son public, et va enrichir l’imagination des plus créatifs. Pour ma part, je suis désormais désespérément à la recherche d’un diadème de déesse amazone (pour la trollette), d’un Godkiller (pour le troll -rien de sexuel, je confirme-), et d’un Lariat de Hestia (pour moi, parce qu’au bureau, ça pourrait être bien pratique parfois). C’est pas gagné, même sur le net.

J’ai bien pris note que le corset de Diana Prince était trop juste pour moi, ma trollette s’est chargée de briser mes rêves en me rappelant que j’étais trop vieille pour ça maintenant. Alors pour me venger, j’ai mis le thème musical du film en sonnerie de mon portable. Et j’en ai monté le son pour qu’elle en entende bien la moindre sonnerie. Non mais. C’est qui le patron ?!

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.

Le Roi Arthur

Des épées magiques qui jaillissent de l’eau des mains d’une jolie dame vivant sous les flots d’un lac, c’est pas commun. On l’a vu, revu, re-revu, sous moultes formes possibles, et pourtant, moi, je ne m’en lasse pas de cette jolie légende.

Aussi, il en a pas fallu beaucoup plus qu’une bande annonce un peu rock and roll, avec de charmants médiévaux torse-nu, et me voilà plongeant avec délices dans une salle sombre.

Alors, certes, ce film ne révolutionne pas vraiment le monde du cinéma, ni même celui des effets spéciaux. Pourtant il a un petit je-ne-sais-quoi qui vient titiller notre fibre de spectateurs avertis, et si les combats sont, eux, menés de main de maître et chorégraphié au millimètre, les effets spéciaux ne sont pas en reste avec une 3D qui m’a clouée au fauteuil et fait cligner des yeux à plusieurs reprises. Quant à la bande son, que je me risquerai à qualifier de rock celtique, elle est juste une petite merveille pour la poussée d’adrénaline qu’elle accompagne.

On y retrouve tous les clichés des standards de Fantasy, avec mages, feux, armées de l’enfer, tours surélevées, animaux fantastiques, costumes qui feront rêver les fans de cosplay, et vilains méchants très très méchants.

Très sombre, très noire, très moderne, la mise en scène est impressionnante d’actualité, et pourrait sans surprise être transposée sur un film d’action contemporain. J’ai adoré le montage saccadé qui n’est pas sans rappeler celui de “Requiem for a Dream”.

Des scènes de yamakasi, des dialogues crus, de la cohabitation romano-médiévale et des décors naturels absolument magnifiques, on en prend plein les mirettes de bout en bout, et on en redemande.

C’est à croire que les critiques n’ont pas aimé leur pop corn, vu le peu d’état qu’il est fait de la sortie de ce film. Mais les critiques, il y a longtemps que j’ai arrêté de les suivre…

Ok, vu comme ça, le titre n’est pas vendeur, je vous l’accorde. Mais le casting y est juste et bien ciblé, avec un Jude Law plus retors que Sauron, un David Beckham furtif et méconnaissable (mais les dames le reconnaîtront, c’est clair…), un Charlie Hunnam musculeux et rebelle à souhaits, et une trame qui, bien que cousue de fil blanc, nous tient en haleine jusqu’au générique de fin.

Alors si vous avez aimé “Le Seigneur des Anneaux”, si vous avez vibré avec “Kingdom of Heaven”, si “Robin des Bois” vous a emballé, si vous êtes un inconditionnel de “Game of Thrones”, vous allez adorer “le Roi Arthur, la légende d’Excalibur”.

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.

Jeeg Robot

J’étais en train de cogiter tranquilou le futur nom d’un poulain à naître en 2019 et faisais donc le tour des super-héros dont le nom commence par un J. Et là, j’apprends au détour d’une page internet que non seulement il y a bien un nom répondant à mon impératif de lettre, mais en plus qu’un film est sorti il y a quelques jours à peine au sujet de cet illustre inconnu !…

Ne pouvant assumer une si grande lacune dans ma culture super-héroïque, je ne pouvais que réagir illico presto et filais direct assister à la première séance que je trouvais.

Le film, rital d’un générique à l’autre, est interdit aux moins de 12 ans, et ce n’est pas plus mal si vous voulez éviter d’avoir à expliquer à vos têtes blondes que la Camora n’est pas une marque de moutarde italienne, que la Seine à Rome s’appelle le Tibre, et que le dôme que l’on aperçoit dans le film n’est pas celui des Invalides mais le Vatican. Par ailleurs, le scénario nous gratifie du début à la fin d’une violence décalée à mi chemin entre du Tarantino et DeadPool qui peut certes prêter à sourire (si si si, moi je me suis bien marrée…), mais qui reste trash et particulièrement crue, tant psychologique que physique dans les délires de junkie du « vilain-méchant » du film qui fait preuve d’une créativité sans limite particulièrement déroutante.

Pas d’effets spéciaux, aucune approche futuriste, ce film se regarde comme un violent polar de banlieue particulièrement bien ficelé, qui promet à l’Italie un Super Héro bien à elle, bedonnant et avec la raie de plombier qui va bien.

Bon, c’est vrai, dit comme ça, ça ne fait pas très envie…
Et pourtant !

Je ne pouvais que me prendre de sympathie pour ce looser qui se régale de crèmes à la vanille (celles qui vous font vous lever pour elles, vous voyez ?) devant une projection sur son mur de salon.  Mon mur est blanc, mon salon un peu mieux rangé (enfin, parfois…), et le parfum de mes entremets est plus chocolat que vanille.
Mais sinon, c’est tout pareil.
Petite précision cependant : ma DVDthèque est quelque peu différente de la sienne, et je ne parle pas que des mangas.

Cet handicapé des sentiments, passager de sa propre vie, va peu à peu se réveiller à des sentiments plus humains, et endosser son rôle de sauveur du monde sous un costume digne d’une pub pour l’organisme de crédit au bonhomme vert.

Moi, j’ai quand même eu un petit faible pour le méchant-vilain « Gitan », psychopathe avéré, dont les crises m’ont confirmé qu’un SmartPhone, c’est quand même bien solide, qu’une chanson en Italien, c’est quand même assez sexy, que des Rottweiler entre de mauvaises mains, c’est dangereux, et qu’une chemise à paillettes, même sur un rital déjanté, c’est franchement has been.
Il m’a rappelé Loki, le frère acharné de Thor. Même rage, même poisse, même costume ridicule (si si si… Ses cornes démesurées, c’est quand même pas glop au quotidien). Et pourtant, il m’a convaincue.

Faudra que j’en parle à un psy, de cette tendance à craquer pour de mauvais garnements…
M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.

Braquage à l’ancienne

J’avais besoin d’un peu de douceur dans ce monde de brutes, d’un petit moment tranquille pour grignoter des bonbons en cachette dans le noir d’une salle en profitant d’un horaire où le cinéma serait suffisamment plein de vide pour que je puisse retirer mes chaussures et poser mes pieds sur le siège de devant. Alors j’ai profité d’une accalmie dans mon planning de WonderWoman, et je me suis voté 1h36 de détente.

Les critiques étaient dithyrambiques, annonçant « fraîcheur », « détente », et « pur bonheur ». Je me suis donc installée pleine d’espoir. Certes, j’ai passé un bon moment, piochant régulièrement dans mon sachet de Cahouettes au chocolat.

Mais pour autant, si Morgan Freeman, Mickaël Caine et Alan Arkin font de leur mieux pour apporter leur vieille jeunesse à un scénario cousu de fil blanc, on reste quand même un peu sur sa faim faute de grande originalité dans la trame du film. On est loin des promesses annoncées. Peu de rebondissements, suspens quasi-inexistant, et mis à part un peu d’humanité dans les relations entre les personnages, pas de grande surprise dans l’histoire.

On a là un bon film pour un soir de semaine, mais pas franchement un choix cornélien en cas d’hésitation entre deux salles.
M’enfin  moi, j’dis ça, j’dis rien.

Les Gardiens de la Galaxie II

Bon.
Chris Pratt, c’est sûr, c’est vendeur. Mais quand on me colle aussi Kurt Russel dans le casting, moi,je fonce…
Et là, j’ai pas été déçue.

Une mauvaise conjonction de Vénus en Jupiter et de mon emploi du temps m’ont empêchée de pouvoir profiter d’une séance 3D. Mais au final je ne suis pas certaine que j’aurais tenu les 2h18 de film sans que mon 4 heures, celui de la veille, et ceux de toute la semaine n’aient retrouvé le chemin de la sortie. Les 5 premières minutes, à elles seules, m’ont convaincue que la 2D, finalement, c’est pas mal non plus pour pouvoir garder la Galaxie sans doute, mais sa dignité avant tout. Et je suis bien contente d’avoir conservé la mienne, de dignité.

Parce que pour ce qui est de sauver la Galaxie, il est évident que les Gardiens sont à eux 5 bien efficaces et n’ont besoin de personne.

Le scénario nous porte gentiment vers des sentiments plus humains que dans le premier opus, les décors sont à couper le souffle de couleurs et d’originalité (pour ne rien cacher, je me suis revue dans Riven, une poussière d’années plus tôt…), et pour ceux qui ont besoin que ça bastonne quand même un peu pour rester éveillés, il y a aussi tout ce qu’il faut. Bref, bon deal de bout en bout.

Un seul bémol en ce qui me concerne : une bande son moins prenante que dans le premier épisode, qui m’avait tout simplement scotchée en 2014. C’est dommage, car en ce qui me concerne, j’y allais en grande partie pour ça.
En revanche, tout plein de clins d’œils que les quarantenaires apprécieront, et qui amènent quelques fou-rires particulièrement bienvenus.

Je ne spoilerai pas, non non non. Mais restez bien jusqu’au bout des 5 scénettes post-générique. Ce serait vraiment dommage de les manquer…
M’enfin, moi, j’dis ça, j’dis rien.

Logan

Avec un sous-titre pareil, on se doute bien que ce sera là le dernier opus d’une looooooooooooooongue série des Wolverins (encore que la magie du cinéma et un gros chèque peuvent parfois ressusciter les plus morts des premiers rôles).
Un  rendez-vous à ne pas manquer donc, et nous étions quelques-uns à avoir eu la même idée ce soir pour l’avant-première Bayonnaise.

Certains  pensaient sans doute, comme Mme Emeyamendi assise à ma gauche avec son chérubin d’à peine une dizaine d’années, que le « Int -12 » était là pour les autres, de « -12 », et pas pour le sien.
Sauf que sincèrement, elle aurait mieux fait de le laisser à la maison devant Koh Boyard. Et vu comment par moments il se cramponnait à sa mère, je pense qu’avec un peu d’insistance et une bonne pizza, il aurait été d’accord. Et elle aussi.

Parce que franchement, James Mangold, il s’est pris pour Tarantino. Même les ricains, ils l’ont classé R le film (ie interdit aux moins de 17 ans non accompagnés). Entre les traversées de crâne par lames d’adamantium acérées, les décapitations, les empalades et autres réjouissances à l’hémoglobine, le premier rang a du en prendre plein la chemise. C’est bien dommage.

Pourtant, il y aurait eu de quoi faire propre et net, bien Marvellesque, et les 127 millions de dollars de budget auraient sans doute trouvé quelques effets spéciaux très « X-Men » à financer.

Au lieu de quoi, on plonge dans un polar sombre, aride, bien loin des uniformes très près du corps et colorés de Tornade ou de Mystic. La sauce prend quand même, certes, mais on est dans un autre univers que celui auquel on s’attendait, et ça peut déranger ceux qui viennent se X-Meniser. On découvre un Wolverin qui pense, qui a des sentiments, des regrets, que l’âge a durci, et qui se retrouve à babysitter malgré lui. Presque déstabilisant.

En revanche, belle découverte que ce petit brin de fille qui en a à revendre dans les scènes de combats, Dafne Keen. Pour un second essai à l’écran, elle s’impose comme une grande et saurait sans nul doute en imposer à nombre de maîtres sushi. Parait que c’est une ancienne gymnaste acrobatique. Il va peut-être falloir que je surveille ma trollette quand elle joue avec son couteau à beurre…

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.

Lion

Bon, au départ j’étais motivée pour aller voir Rock & Roll. Certes, un registre différent…
Allez savoir ce qui m’est passé par la tête, j’ai regardé une bande annonce au hasard. Bonne ou mauvaise initiative, je me suis retrouvée au bord des larmes, toute pleine de sentiments. Et là, je suis tombée sous le charme d’un film dont l’affiche est pourtant un rebutoir à elle seule, et le titre un mystère.

Toute à ces sentiments inattendus, j’ai choisi d’assumer pleinement ma gorge serrée et mes yeux piquants, et aller plus loin dans l’exploitation du mouchoir de poche.

J’ai eu tellement raison !

Du premier au dernier rang, une salle comble comme j’en ai rarement vu. Tous ages, tous profils. Des grands, des petits, des jeunes, de moins jeunes… Il semble que le bouche à oreille ait particulièrement bien fonctionné, et je comprends maintenant pourquoi.

Parce qu’on a beau s’y être préparé, ce film vous prend aux tripes avec une force incroyable, et vous emmène au-delà de vos sentiments les plus refoulés. Je vous mets au défit de sortir stoïque et  émotionnellement inchangé de sa projection.
Un raz de marée d’empathie qui vous bouleverse de part en part, qui vous transporte en perte totale de contrôle tant du fait d’un Dev Patel incroyablement touchant, que d’une Nicole Kidman qui est allée sans doute chercher toute sa justesse dans son propre vécu (et oui, j’avoue, je lis les magazines people dans les salles d’attente…). Quand au petit héro de cette épopée, Sunny Pawar, il vous donne  la furieuse envie de vous précipiter à Calcutta pour aller sauver le monde en général, et lui en particulier.

On sort de là heureux d’avoir pleuré. Parce qu’on se sent humain de nouveau. Parce qu’on est vivant et chanceux. On regarde avec détachement nos petites tracasseries quotidiennes qui, au final, ne valent certainement pas l’énergie que l’on déploie pour les combattre, et on se demande ce qu’on pourrait bien faire pour être quelqu’un de meilleur. On se surprend même à sourire à son voisin, à tenir la porte à cette mamie qui s’essuie encore ses larmes en riant de ses émotions, à tendre un mouchoir à ce jeune papa dont les joues ruissellent encore pendant qu’il rassure sa moitié.

On a plongé direct dans des sentiments qu’on croyait réservé aux faibles et aux fragiles. Et qu’est-ce que ça fait du bien !

Un savant mélange de « La vie est belle » et de « Se souvenir des belles choses ». On en redemande.
Pas le monde du cinéma semble-t-il. 6 nominations et pas une seule statuette à la clé. Qu’à celà ne tienne. Et si le public se chargeait de rééquilibrer les votes ?…

Vous devriez plonger vous aussi.
M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.

La la Land

Quand ma copine Lulu m’a dit attendre avec impatience de lire mon avis sur LE film qui l’a retournée cette semaine, je ne pouvais pas la décevoir.

Media et bouche à oreille se sont chargé d’achever de pousser jusqu’à ma colline une aura de génie et de romance dans le sillage de La la Land, alors j’ai (presque) foncé.

Je dis presque parce qu’un faux départ motivé par un 39°5 transpirant m’a clouée au lit ce WE, alors qu’après avoir traversé sans encombre la piélo de la trollette, puis sa gastro, l’angine du troll, et les deux ormeaux qui se sont fracassé à côté de la maison il y a huit jours, j’avais tout prévu tout comme il faut pour aller samedi matin me régaler en salle sombre. Compte-tenu de mon peu de vaillance, la partie fut remise, et après avoir refait surface dans le vrai monde avec une tête de cadavre, j’ai bloqué ma soirée pour la passer avec Ryan Gosling.

Couleurs acidulées, challenges chorégraphiques et chansonnettes bien placées (avec de vrais artistes qui savent tout faire, du clavier au contre-ut en passant par quelques entrechats…), on plonge dans le Hollywood de tous les rêves, avec quelques flashbacks de West Side Story, de faux airs d’Audrey Hepburn par ci, un foulard façon Grace Kelly par là, avec des colocs « fauchées » qui mènent grand train et quelques voitures vintage qui viennent tirer la nique aux dernières Lexus électriques. On entre en immersion volontaire dans un monde aseptisé et lisse qui n’a rien à envier aux musicals des années 50.

Et c’est plutôt bien fait. On se laisse porter par le scénario classique mais bien amené, qui jalonne une romance mignonne tout plein, on découvre avec joie les talents aux claquettes d’un duo qui prend plutôt bien, et si on aime tant soit peu le jazz, on en prend plein les oreilles pendant plus de deux heures.

Pourtant, il faut que je fasse un aveu.
J’aime pas le jazz.
Mais vraiment pas.

Je n’ai jamais pu blairer les « pabediwhaboudoudadidedam », ni même scander un rythme jazzy avec enthousiasme. Je n’ai cillé à la mort d’Al Jarreau que parce que son nom me rappelait vaguement quelque chose, mais c’est une vidéo postée sur les réseaux sociaux qui a éclairé ma lanterne hier. Je trouve du génie dans la capacité qu’ont les jazzmen d’improviser avec autant de brio, mais je suis incapable d’en apprécier l’harmonie.

Oh, je sais. J’entends d’ici les huées de la foule. Comment puis-je dire une chose pareille quand la terre entière  clame  au triomphe absolu ?!
Et pourtant…
Alors non, je ne ferais pas partie de ceux qui crient au miracle ni au film de la décennie.  La bande son ne me laissera pas un souvenir impérissable. En revanche, le film m’a donné une furieuse envie de passer une soirée avec mes trolls devant « Un Américain à Paris », « Vacances Romaines », ou encore « My fair Lady ». Et puis je vais me mettre au foulard. C’est classe, le foulard.

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.