La la Land

Quand ma copine Lulu m’a dit attendre avec impatience de lire mon avis sur LE film qui l’a retournée cette semaine, je ne pouvais pas la décevoir.

Media et bouche à oreille se sont chargé d’achever de pousser jusqu’à ma colline une aura de génie et de romance dans le sillage de La la Land, alors j’ai (presque) foncé.

Je dis presque parce qu’un faux départ motivé par un 39°5 transpirant m’a clouée au lit ce WE, alors qu’après avoir traversé sans encombre la piélo de la trollette, puis sa gastro, l’angine du troll, et les deux ormeaux qui se sont fracassé à côté de la maison il y a huit jours, j’avais tout prévu tout comme il faut pour aller samedi matin me régaler en salle sombre. Compte-tenu de mon peu de vaillance, la partie fut remise, et après avoir refait surface dans le vrai monde avec une tête de cadavre, j’ai bloqué ma soirée pour la passer avec Ryan Gosling.

Couleurs acidulées, challenges chorégraphiques et chansonnettes bien placées (avec de vrais artistes qui savent tout faire, du clavier au contre-ut en passant par quelques entrechats…), on plonge dans le Hollywood de tous les rêves, avec quelques flashbacks de West Side Story, de faux airs d’Audrey Hepburn par ci, un foulard façon Grace Kelly par là, avec des colocs « fauchées » qui mènent grand train et quelques voitures vintage qui viennent tirer la nique aux dernières Lexus électriques. On entre en immersion volontaire dans un monde aseptisé et lisse qui n’a rien à envier aux musicals des années 50.

Et c’est plutôt bien fait. On se laisse porter par le scénario classique mais bien amené, qui jalonne une romance mignonne tout plein, on découvre avec joie les talents aux claquettes d’un duo qui prend plutôt bien, et si on aime tant soit peu le jazz, on en prend plein les oreilles pendant plus de deux heures.

Pourtant, il faut que je fasse un aveu.
J’aime pas le jazz.
Mais vraiment pas.

Je n’ai jamais pu blairer les « pabediwhaboudoudadidedam », ni même scander un rythme jazzy avec enthousiasme. Je n’ai cillé à la mort d’Al Jarreau que parce que son nom me rappelait vaguement quelque chose, mais c’est une vidéo postée sur les réseaux sociaux qui a éclairé ma lanterne hier. Je trouve du génie dans la capacité qu’ont les jazzmen d’improviser avec autant de brio, mais je suis incapable d’en apprécier l’harmonie.

Oh, je sais. J’entends d’ici les huées de la foule. Comment puis-je dire une chose pareille quand la terre entière  clame  au triomphe absolu ?!
Et pourtant…
Alors non, je ne ferais pas partie de ceux qui crient au miracle ni au film de la décennie.  La bande son ne me laissera pas un souvenir impérissable. En revanche, le film m’a donné une furieuse envie de passer une soirée avec mes trolls devant « Un Américain à Paris », « Vacances Romaines », ou encore « My fair Lady ». Et puis je vais me mettre au foulard. C’est classe, le foulard.

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.

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