X-Men Apocalypse

Je n’avais pas été la seule à viser entre deux averses pour me faufiller dans l’une des 7 salles obscures qui me tendaient la main.

Rolland Garros oblige, la météo fut pourrie tout le week-end. Et comme je ne pouvais décemment pas manquer le dernier X-Men, si en plus je faisais d’une pierre deux coups en allant m’abriter 144 minutes, je devais en profiter.

Pour autant, j’avais des doutes. En effet, qu’attendre d’une énième trilogie d’une recette jusque là gagnante, mais où, bien que dotés d’enviables capacités de régénération, les mutants changent de visage en fonction des producteurs… Il faut s’accrocher pour suivre ces va-et-vient dans le temps, lesquels permettent aux pontes d’Hollywood de jongler entre les humeurs de diva des uns et des autres sans que le public ne focalise sur un visage plus qu’un autre (encore que pour Wolverine, je ne sais pas trop par quelle pirouette ils vont pouvoir un jour trouver à remplacer Hugh Jackman…).

Donc, je suis partie avec un lourd préjugé sur la qualité du scénario que j’allais gober.

J’ai eu tort (et prenez-en bonne note, pare que ça ne m’arrive pas souvent!).

Certes, mon premier fou-rire fut pour la pub qui précéda cette fin du monde annoncée, à savoir : le mode d’emploi, pour mâles en rut, des sites de rencontres (ou « Comment ne pas passer pour un gros lourd en manque de sexe et pouvoir quand même tirer ton coup via les sites de rencontres »). Fou-rire, parce qu’en être obligé d’expliquer aux jeunes que « non, il ne faut pas montrer de suite à une fille que tu es un gros connard libidineux mais laisse-la s’en rendre compte une fois que tu l’auras pécho », c’est assez pathétique. Et qu’une marque bien connue de gels coiffants s’associe à ce genre de message, tout second degré qu’il est supposé être, c’est pitoyable (un gel lubrifiant, à la limite, j’aurai compris…). Parce que si j’en crois les relents de déos (vous savez, celui qui permet aux mecs de pécho de ouf…) qui parvenaient jusqu’à mes narines depuis les sièges de devant, j’en déduis qu’il y en a plein, des jeunes, qui prennent la pub au tout premier degré. Et ça, ça fait de la peine pour leurs parents. Zont raté quelque chose, indéniablement.

Bref, ça, c’était pour la mise en bouche.
Parce qu’après, on est passé aux choses sérieuses, et j’ai adoré.

Non seulement on m’a servi un scénario ficelé comme rarement, servi avec sa sauce d’effets spéciaux (réussis!) et son cortège de rebondissements, mais en plus ils se sont offerts le luxe de le ponctuer de pointes d’humour, de petites phrases acérées et de clins d’œils appuyés à la trame de la saga qui m’ont fait non seulement me cramponner au siège, mais aussi (désolé le monsieur de devant) éclater de rire en quelques occasions.

Je ne vous conseillerai pas de vous reprendre l’intégrale des X-Men, à moins que vous n’ayez un WE entier à perdre. L’opus se regarde bien tel quel, se comprend facilement, et mis à part quelques boucles temporelles un peu délicates à remettre dans le bon ordre, il est accessible au cerveau le plus profane.

On y retrouve une Jennifer Lawrence qui, bien que blonde, Hungergamise un peu trop sa Mystic (après, elle la joue comme on le lui demande…), un Michael Fassbender qui humanise radicalement Magneto (et c’est pas pour me déplaire), et on y croise (pour la minute testostérone) un Hugh Jackman bestial à souhait à faire pâlir d’envie un maître Sushi. Bref, l’équipe, si elle est régénérée de chairs fraiches issues de séries à succès, reste néanmoins crédible avec son noyau dur d’origine.

Dès la première image le ton est donné, avec, une fois n’est pas coutume, un générique de début particulièrement réussi et une bande son vraiment soignée. Beethoven ne démérite pas avec sa symphonie n°7.

Et si l’habituelle scénette de fin de générique ne laisse pas un souvenir impérissable, elle annonce, comme il se doit, une suite que l’on espère tout aussi réussie que celle-là.

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.

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