Les Minions, le Film

Il est de ces héros qui entrent dans votre vie de manière insidieuse, discrètement, et sans, à première vue, bouleverser votre quotidien.

Puis une fois en place, ils prennent de l’ampleur, s’installent plus confortablement, se mettent à l’aise. Votre entourage en ressent les premiers effets sans vraiment rien y comprendre, puis constate petit à petit un changement dans votre humeur, dans votre vocabulaire, dans votre habillement…

Et là, c’est le drame. Vous êtes addict.

Ben moi, les Minions, c’est exactement comme ça que ça m’a pris.

Au détour d’un « Moi, moche et méchant 2 », sans crier gare, après les 45 premières minutes les plus hilarantes qu’il m’ait été donné de vivre dans une salle obscure (si l’on fait exception de la fois où j’ai joué au docteur avec Jérôme Morin, en CE1, que la nature avait très chichement doté).

Mon vocabulaire à changé. Je me suis mise à clamer des « Banana !!!» tonitruants, des « Kumbahia !!! » de ralliement, et ai amené deux ou trois vendeuses de vêtements à la syncope quand je leur ai demandé ou était le rayon des salopettes en jean’s.

Mes vaillants et inaltérables fans, mes trolls, ont été les seuls à me soutenir tout au long de mon chemin de croix en attendant la sortie DU film et à accompagner mes cris de guerre de sentences toutes aussi incompréhensibles que seuls les initiés peuvent comprendre, savant mélange d’anglissismes, de noms de plats italiens, et de français.

Aujourd’hui, aboutissement de cette douloureuse patience adoucie seulement de quelques Avengers et autres Suédois bricoleur en jupette, l’avant-première !

Y’a pas à dire, le public était bien là pour passer un vrai bon moment. Que de sourires dans notre file devant la salle, alors que ceux de la file d’à côté, néo-gothiques sur le retour ou ados boutonneux en mal de sensations fortes, attendaient la mine sombre qu’on leur ouvre l’accès à « Unfriended » en s’appliquant bien soigneusement à darder un regard noir sur nos chérubins joufflus en Tshirts jaunes qui clamaient du « Banana !!! » à qui voulait les entendre. On ne la leur faisait pas : ils n’étaient pas là pour rigoler, eux.

J’étais pourtant pas très en forme, couchée tard, levée tôt, et je ne vous cache pas avoir eu quelque appréhension à l’idée de piquer un roupillon en plein cœur du film. Mais le test serait bon : si roupillon, film bidon.

Soyez donc rassurés : point de ronflement je n’émis, car point de somnolence je ne subis.

Mis dans le bain dès les première images, avec un Jingle « Universal » personnalisé et un raccourci de l’évolution des espèces qui demandera quand même une savante explication sciento-philosophique sur le chemin du retour, on est porté de bout en bout par une succession de situations et d’expressions plus hilarantes les unes que les autres, que l’on voudrait bien retenir pour en caser une ou deux autour de la machine à café demain au bureau histoire de se la péter un peu, mais que l’on oublie tellement elles se succèdent à un rythme effréné.

Le scénario, s’il n’a rien de bien original, laisse quand même la part belle à nombre de clins d’oeils bien avisés que les quarantenaires et plus sauront apprécier, et que les autres ne suivront que sous réserve de quelques révisions culturo-historiques sur les années 68.

La seule critique émise par mon grand troll « le vaisseau de la méchante, il est moche », ne risque pas de perturber beaucoup la réussite de ce petit moment de bonheur familial. De ce que j’en ai vu, les parents avisés qui avaient cru bon de doter leur progéniture de Pop-Corn modèle XL en ont été quittes pour se les ramener à la maison pour ce soir, tellement l’enchainement des fou-rires a monopolisé les bouches au détriment des règles de base de la gastronomie cinéphile.

Quant à la bande-son, c’est un pur moment d’immersion qui ne laissera pas indifférents les nostalgiques des années Woodstock (suivez mon regard…).

Bref, on s’est régalés, toutes catégories d’âges confondues.

Un vrai « tous publics » comme je les aime, ou l’on n’oublie pas de rester bien jusqu’à la fin du générique pour les scénettes bonus, et qui m’ont donné une envie furieuse de suivre une formation en langage Minion pour en caser quelques morceaux choisis dans mon jargon quotidien.

Des Minions, moi aussi j’en veux. Et s’il faut pour cela devenir une vraie méchante en robe rouge qui se la pète façon Iron Man en gala, qu’à cela ne tienne ! Méchante je deviendrai.

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.

Une réflexion sur « Les Minions, le Film »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *