Connasse, Princesse des Coeurs

Alors là, moi, je dis « Chapeau bas ». Et sans mauvais jeu de mots envers les couvre-chefs élaborés d’une certaine Reine Mère d’outre Manche…

J’ai, comme tout le monde, commencé par être choquée par la Connasse. Puis, sournoisement, de vagues souvenirs me sont revenus à la mémoire. Des délires étudiants dans les rues de Paris, ma copine « Marie-Ginette » et sa deudeuche, le désespoir de ses parents avenue Suchet renonçant à faire de leur « Marie-Elisabeth » une jeune femme « comme il faut », les fous-rires qu’on se prenait devant l’ahurissement des passants rue du Montparnasse.. Oui, moi, la Connasse, j’ai eu le bonheur d’en cotoyer une vraie quelque temps.

Alors en revoir une à l’écran, avec le même schéma de no-limit, ça m’a fait gagner… pffffffffiou, quelques poussières d’années !

Et là, le no-limit, elle le maîtrise un max !

Certes, il n’ira jamais à Cannes, ce film.
Mais le culot, l’aplomb, le pince-sans-rire de Camille Cottin la rendent encore plus attachante quand, en générique de fin, on voit son vrai caractère.

Cette pétasse qu’on meurt d’envie de tackler de bout en bout du film, qui s’octroie le mérite de réaliser les plus tordus des délires qu’on aurait aimé avoir les tripes, nous, de faire au moins une fois avant de rejoindre le Walhalla, et qui en plus se permet de se balader avec des fesses qu’on a oublié depuis longtemps ce que ça fait d’en avoir des comme ça, elle finit par nous laisser hilares contorsionné sur notre fauteuil.

On passe crescendo d’une bravade à une autre, et on finit par en deviner la suite tout en se refusant à l’imaginer. Et pourtant.

Elle ose tout, même le plus politiquement incorrect.
Elle est odieusement inconvenante dans ses propos.
Elle évolue dans un scénario que Rémi Gaillard lui envie sans doute.
Bref, elle est terriblement efficace.

De grands intellos dont le travail consiste à juger de la pertinence d’un film diront (si si si, je l’ai lu!), sans doute vexés d’avoir du payer leur billet comme le commun des mortels, que « le film n’est qu’une suite narrative de sketches clownesques » qui est « desservi par son format ».

Ben moi, quidam, je persiste et signe et dis que je viens de passer les 80 minutes les plus drôles de ma semaine, si j’exclus la course-poursuite hier soir des vaches de mon voisin.

Certes, ce sont des sketches.
Certes, ça ne vole pas bien haut.

Mais le principe de spontanéité des réactions apporte indéniablement un petit je-ne-sais-quoi qui amène à apprécier tant la bêtise de la Connasse, que la gentillesse systématique des personnes qu’elle interpelle, plus ennuyés pour elle et son venin que pour leur propre situation…

Comme quoi, c’est à travers les yeux d’une Connasse qu’on voit que le monde est beau.

M’enfin moi, j’dis ça, j’dis rien.

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