Les garcons et Guillaume à table

LES GARCONS ET GUILLAUME, A TABLE !!!

Dans mon coin de paradis sur ma colline, je n’ai entendu parler de ce petit bijou que par hasard, au détour d’une publication Facebook « tiens, ce soir, je vais voir « les garçons et Guillaume, à table ! »… »;
Rien que le titre est rebutant.
Pourtant, sans même en connaître le synopsis, j’ai voulu aller voir ce Guillaume Gallienne si souvent entr’aperçu en second rôle et si juste dans ses répliques. Bon, ok, sans doute que sa place de sociétaire à la Comédie Française a titillé ma curiosité aussi, je peux l’admettre.
Alors, bravant fin de bronchite et début d’année, j’ai plongé.
Et quel délice !!!

La recherche de l’identité sexuelle…
Sujet intarissable pour lequel chacun a quelque chose à dire et absolument rien à apporter aux malheureux qui ont à l’affronter.
Je passerai sur les critiques « à la mode » qui si l’on en croit leurs écrits se sont tapé l’intégrale de Pernoud, de Dolto, et ont suivi un stage récemment avec Rufo avant de prendre la plume pour assassiner ce chef d’oeuvre.
Sans même avoir un abonnement à Biba ou à Femme actuelle, moi, j’ai adoré.

Guillaume Gallienne, pourtant loin du physique habituel de mes héros-chéris-à-moi-que-j’ai, a réussi l’exploit incommensurable de me tenir en haleine de bout en bout sur une petite merveille de scénario assaisonné aux petits oignons, oscillant entre règlement de comptes et déclaration d’amour, éclairant d’un jour nouveau ma vision du choix de la sexualité pour ceux qui n’ont pas eu la facilité de suivre sereinement leurs sentiments mais ont eu à combattre les préjugés de leur entourage pour pouvoir s’épanouir.
Certes, il paye de sa personne, nous révélant des parties de son anatomie que le répertoire de la Comédie Française réserve habituellement à son habilleuse, et dévoilant ses secrets les plus profonds comme s’ils étaient de vulgaires évidences. Admettez que vous aussi, vous vous étiez à peine posé la question sur les préférences de ce drôle de petit bonhomme à la voix haut perchée et aux manières si précieuses.

Son témoignage, émouvant, juste et aussi très drôle vient à point nommé, en ces temps où certains humoristes sous prétexte de se rire de tout s’offrent de la publicité gratuite en prime des JT. Il nous prouve qu’on peut rire de tout, en effet. Avec classe, élégance et intelligence, ça passe comme une lettre à la Poste, et sans aucune interdiction préfectorale.
On peut rire de l’homosexualité. De l’hétérosexualité. On rit aussi et surtout des préjugés et idées préconçues que l’on a tous eu, à un moment ou à un autre. Si si si. Moi aussi. Vous aussi. Tous, on a eu un jour une idée « à la con » sur le sujet. Et on se retrouve épinglés dans ce film comme des magnets sur un frigo. Dans la mère à la fois si aimante et si absente pour son fils si demandeur. Dans la tante « américaine » si tranchante. Dans le père si maladroit devant son fils qu’il ne reconnaît pas. Dans la tante marocaine si juste dans ses solutions…

De la descente aux enfers en boite de nuit, aux bizutages lycéens, en passant par l’irrésistible cure thermale, on prend fait et cause pour Guillaume, on se surprend même à se chercher nous aussi.

Alors pour toute la délicatesse apportée au texte, si juste et si travaillé, pour toute la subtilité du sujet, pour la précision du jeu d’acteur (mention spéciale sur la transformation dans les 5 dernières minutes de film), pour la dérision des moments délicats présentés avec tant d’humour, pour m’avoir permis de comprendre enfin pleinement la torture de certains de mes amis qui ont eu à affronter ces moments de quête, (et aussi un peu quand même pour avoir enfin révélé que l’équitation est un sport de sensibilité et de lâcher-prise…) : Merci, Monsieur Gallienne !!!

Et Monsieur avec un M majuscule, parce que pour se mettre à nu de la sorte, en gardant le sourire, la classe, et le contrôle, il fallait en avoir. Et c’est clair que le doute n’est plus permis : il en a, Guillaume Gallienne.

Tiens, si Brad Pitt ne passait pas son temps à me relancer par téléphone pour dîner avec moi, je crois bien que je l’envierai bien un peu, votre Amandine, Monsieur Gallienne.
M’enfin, moi, j’dis ça, j’dis rien.

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