LES MISERABLES

Dans une autre vie, il y a de ça des siècles, j’ai eu la chance d’assister à une représentation des Misérables, à Londres. Étudiante fauchée, je me suis contentée pendant des années de mes vagues souvenirs de personnages minuscules perdus sur une scène immense, vue du second poulailler (et oui, étudiante et fauchée, j’ai pris les places qui restaient à la portée de ma bourse…).

Alors quand on me propose un tête à tête sur écran géant avec Hugh Jackmann, Ann Hattaway et Russel Crowe, moi, je fonce.

Et j’ai rudement bien fait !!! Même si Wolverin est plus qu’à la hauteur d’un Jean Valjean obstiné et volontaire à qui on ne parle pas de sa mère en tongs, les vibratos de ses vocalises finissent par lasser sur la fin, même s’il la pousse bigrement bien, la chansonnette. Mais il est face à un Gladiator impressionnant de justesse et de coffre, merveilleusement dans son personnage, et très, très bluffant, une fois de plus. Wolverine ne tient pas la distance vocale.

Mais LA surprise, c’est Fantine. Belle, superbe devrais-je dire, juste, émouvante, Ann Hattaway m’a tiré des larmes comme il y avait longtemps que je n’en avais pas versée. Et si j’en crois mon coup d’œil autour de moi dans la salle, je n’étais pas la seule à me gratter le coin des yeux… Ne serait-ce que pour les 5mn de son rôle, ça vaut le ticket d’entrée. Elle en a fait du chemin, en Prada.

Si vous avez aimé « Mamma mia », vous adorerez l’intemporalité d’une Cosette blonde et à croquer. La froideur d’Eponine, telle que décrite par Hugo, perd tout son sens devant la douceur et l’interprétation qui en est faite dans cette version, amoureuse éperdue d’un Marius rouquin et idéaliste, et Gavroche reste Gavroche, mignon, innocent, et touchant.

Les Ténardiers, eux aussi, laissent sans voix. Comment imaginer un seul instant que ce moustachu de Borat en maillot à bretelles pourrait cibler si juste ce personnage odieux et malfaisant ? Quant à Beatrix Lestrange, elle poursuit dans son registre habituel qui lui va si bien de fofolle allumée.

Nous ne sommes pas, nous Français, de fervents adeptes des « Musicals ». Pourtant, sortir avec des images et des chansons plein la tête, ça fait du bien. Et voir ces grands comédiens pousser aussi loin dans leur travail de faiseurs de rêves, parfois dans des registres très différents de ce qu’ils nous ont habitué à voir, ça vaut le détour.

Moi, j’dis ça, j’dis rien…

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